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Anglais ou espagnol : lequel apprendre?

Nous recevons cette question chaque semaine, et la réponse honnête commence par une correction : la question est souvent mal posée. Ce n’est pas « lequel est le plus utile » qu’il faut demander, mais « lequel vais-je réellement utiliser, et à quelle échéance ».

Ce qui suit compare les deux langues sur ce qui se mesure : le temps qu’elles coûtent, ce qu’elles rapportent au Québec, et ce qui arrive quand on tente les deux de front. Nos cours se donnent en ligne, seul avec un professeur privé, et portent uniquement sur la parole et la compréhension orale : suivre quelqu’un qui parle à sa vitesse normale, avec son accent, sans sous-titres.

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Ce que chacun coûte en temps

C’est le seul point sur lequel une comparaison objective est possible, et l’écart est réel.

L’espagnol est nettement plus rapide pour un francophone. Trois raisons se cumulent : un vocabulaire d’origine latine largement devinable, une prononciation parfaitement régulière, et une structure de phrase proche de la nôtre. Un vrai débutant motivé tient des conversations simples au terme d’un forfait de vingt-cinq heures.

L’anglais coûte plus cher en heures. La prononciation est irrégulière — through, though et tough se lisent de trois façons —, les verbes à particule sont imprévisibles, et les distinctions de temps ne recoupent pas les nôtres. À partir de zéro, la progression est plus lente qu’en espagnol.

Mais presque personne ne part de zéro en anglais. C’est le point décisif, et il renverse souvent la comparaison. Un Québécois adulte a fait des années d’anglais à l’école, entend de l’anglais tous les jours et reconnaît des milliers de mots. Il n’est pas débutant : il est faux débutant, et ce profil progresse très vite — parfois en quelques semaines. Les chiffres du recensement disent la même chose : la connaissance de l’anglais dans la population active du Québec est passée de 60,3 % en 2016 à 62,9 % en 2021. La matière est déjà là; c’est la production orale qui dort.

Autrement dit : l’espagnol est plus facile à apprendre, mais l’anglais est plus facile à débloquer.

Forfait de 25 cours privés d’une heure : 799 $ CA au lieu de 1 199 $. Aucun paiement demandé au début des cours.

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Ce que chacun rapporte, concrètement

L’anglais a un effet direct sur la carrière au Québec. Il apparaît dans un très grand nombre d’offres d’emploi — 26 % des offres québécoises exigeaient le bilinguisme ou indiquaient une préférence pour des candidats bilingues, soit 6,5 fois la moyenne canadienne, et le Québec concentrait 63 % de tous les emplois bilingues du Canada. L’enquête de l’Office québécois de la langue française va dans le même sens : 40 % des entreprises ont exigé ou souhaité des compétences en anglais lors de leur dernier recrutement, et 25 % des entreprises ont déclaré retenir toujours un candidat bilingue pour un poste, même si l’emploi n’exige pas de compétences linguistiques particulières. C’est ainsi que l’anglais bloque des promotions sans que cela soit dit ouvertement.

Une précision qui rassure certains lecteurs : l’article 46 de la Charte de la langue française interdit à un employeur d’exiger la connaissance d’une langue autre que le français pour accéder à un emploi, sauf si l’accomplissement de la tâche le requiert, et depuis la Loi 96 il doit en indiquer les motifs dans l’offre. L’anglais est donc une exigence du marché, jamais du législateur. Cela ne le rend pas moins réel : à Montréal, 84 % des entreprises souhaitaient des candidats capables de travailler en anglais et 63 % en faisaient une condition d’embauche.

L’espagnol est un différenciateur plutôt qu’un prérequis. Il est rarement exigé, et c’est précisément ce qui le rend distinctif : à compétences égales, il vous distingue — notamment dans le commerce, la logistique, le tourisme, la santé et les services sociaux. Il ouvre aussi des marchés d’exportation que peu de concurrents abordent autrement qu’en anglais : le Mexique est le troisième partenaire commercial du Québec et son premier client en Amérique latine, le Québec y exporte environ 2 G$ par année, et plus de 500 entreprises québécoises font affaire avec le Mexique, dont environ 100 y sont établies.

L’espagnol est aussi une langue d’équipe, ici même. En 2021, les travailleurs étrangers temporaires en agriculture au Québec étaient 18 216, majoritairement citoyens du Guatemala (55 %) et du Mexique (34 %). Dans une ferme ou un atelier agroalimentaire, l’espagnol n’est pas une langue de voyage : c’est la langue du terrain. Et dans la population, l’espagnol était en 2021 la deuxième langue maternelle non officielle la plus répandue au Québec, à 2,3 %, après l’arabe (3,0 %) et avant l’italien (1,2 %).

Hors du travail, l’espagnol gagne souvent. Voyage, séjours prolongés dans le Sud, retraite, belle-famille, plaisir personnel. Pour quelqu’un qui n’a pas de besoin professionnel pressant, c’est la langue qui donne le plus de satisfaction pour le moins d’effort — et la satisfaction est ce qui vous fait continuer.

La vraie question est donc : qu’est-ce que vous allez faire dans les six prochains mois? Une langue qu’on n’utilise pas s’efface, quelle qu’elle soit.

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Les deux en même temps : non

C’est la demande que nous déconseillons le plus fermement, et la seule sur laquelle nous soyons catégoriques. Apprendre deux langues étrangères simultanément, en partant de zéro ou presque, ne double pas les résultats : cela les divise. Le temps disponible se partage, la fréquence tombe sous le seuil utile pour chacune, et l’interférence entre les deux systèmes crée des confusions durables — surtout entre l’espagnol et une autre langue latine.

Nous voyons régulièrement des gens qui ont tenté les deux pendant un an et qui ne parlent ni l’un ni l’autre. Ils en concluent qu’ils ne sont pas doués. Ils avaient simplement divisé un effort déjà juste. Depuis 2000, plus de 8 000 étudiants sont passés par nos cours : ce scénario-là, nous l’avons vu des centaines de fois, et il finit toujours de la même façon.

La séquence que nous recommandons : une langue jusqu’à un niveau où vous tenez une vraie conversation, puis la seconde. Le premier apprentissage rend le second plus rapide, parce que vous savez désormais comment vous apprenez, et parce que les réflexes de production — contourner un mot, relancer, supporter l’erreur — se transfèrent intégralement.

La seule exception : si vous maîtrisez déjà solidement l’une des deux, ajouter la seconde ne pose aucun problème.

Trois cas fréquents, trois réponses

« Mon employeur me demande l’anglais, mais l’espagnol me tente. » Commencez par l’anglais, et surtout par la partie qui bloque — la production orale. C’est court chez un faux débutant. L’espagnol viendra ensuite, plus vite que vous ne le croyez.

« Je pars trois mois au Mexique l’hiver prochain. » L’espagnol, sans hésiter, en commençant plusieurs mois avant le départ à raison de deux séances par semaine. Un hivernant qui arrive sans base s’installe dans la bulle francophone dès la première semaine et n’en sort jamais.

« Je veux juste ne plus figer quand quelqu’un me parle anglais. » C’est un objectif net et atteignable, et il relève de l’anglais oral. Ce n’est pas une question de choix de langue : c’est une question de production.

Dans les trois cas, la réponse tient à l’usage prévu, pas à un classement abstrait. Dites-nous ce que vous ferez de la langue dans les six prochains mois, et un professeur vous dira laquelle prendre — y compris s’il faut vous dire d’attendre.

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Quelle que soit la langue choisie, le cours est le même

Nous faisons de la conversation, et seulement de la conversation. Nous ne donnons ni cours d’écriture, ni leçons de grammaire, ni préparation d’examen. Ce choix a une conséquence directe sur la comparaison ci-dessus : ce qui coûte du temps en anglais comme en espagnol, ce n’est pas la théorie, c’est le passage à la parole. Vous êtes seul avec un professeur qui parle avec vous pendant toute l’heure, et qui corrige au moment où l’erreur sort.

Le format en ligne n’est pas un pis-aller. Le taux de bilinguisme du Québec a atteint 46,4 % en 2021, un sommet jamais enregistré, mais hors des régions métropolitaines de recensement il plafonnait à 30,4 % : dans une bonne partie de la province, il n’existe tout simplement pas d’occasion régulière de parler l’une ou l’autre langue. À cela s’ajoutent environ 250 cm de neige par année en moyenne sur la province, qui rendent peu fiable tout rendez-vous hebdomadaire hors de sa ville entre novembre et mars. En ligne, aucun déplacement, aucun stationnement, aucun hiver : l’horaire se fixe avec votre professeur plutôt qu’avec un calendrier de session.

Pour aller plus loin

FAQ | Anglais ou espagnol

Lequel est le plus facile pour un francophone?

L’espagnol, nettement : vocabulaire latin devinable, prononciation régulière, structure proche du français. Mais l’anglais est plus facile à débloquer, parce que presque aucun Québécois n’y part réellement de zéro.

Lequel est le plus utile?

L’anglais pour la carrière au Québec, où il est souvent un prérequis. L’espagnol comme différenciateur à compétences égales, et comme langue du voyage, de la retraite et de la famille.

Puis-je apprendre les deux en même temps?

Nous le déconseillons fermement si vous partez de zéro dans les deux. Le temps se partage, la fréquence tombe sous le seuil utile, et l’interférence crée des confusions durables. Une langue d’abord, jusqu’à tenir une vraie conversation.

Le premier apprentissage aide-t-il pour le second?

Beaucoup. Vous savez comment vous apprenez, et les réflexes de production — contourner un mot, relancer, supporter l’erreur — se transfèrent intégralement.

Comment trancher dans mon cas?

En répondant à une seule question : qu’allez-vous faire de la langue dans les six prochains mois? Une langue qu’on n’utilise pas s’efface, quelle qu’elle soit.

Vous hésitez encore entre les deux?

Décrivez-nous l’usage que vous comptez faire de la langue, et nous vous dirons laquelle prendre en premier — même si la réponse ne vous fait pas commencer tout de suite. Le cours se donne en ligne, où que vous soyez au Québec.

Cours privés d’anglais et d’espagnol en ligne — pour comprendre ce qu’on vous dit, et savoir quoi répondre.

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