C’est la première question qu’on nous pose, et la plus mal traitée par l’industrie. La réponse honnête commence par une autre question : parler pour faire quoi? Se débrouiller en voyage, tenir une conversation adulte et travailler dans la langue ne sont pas trois étapes du même parcours — ce sont trois objectifs dont les coûts diffèrent d’un facteur dix.
Vous cherchez un nombre d’heures et on vous a probablement déjà répondu par une formule. Le vrai problème n’est pas la durée : c’est qu’on additionne des besoins qui n’ont rien en commun. Commander un repas, soutenir une discussion adulte et mener une réunion de travail ne se situent pas sur la même échelle.
À l’échelle du Québec, cet écart se lit dans les chiffres du travail. Au recensement de 2021, 1 452 285 travailleurs résidant au Québec, soit 35,4 %, utilisaient l’anglais au moins régulièrement au travail, alors que 13,9 % seulement l’utilisaient le plus souvent. Entre « régulièrement » et « le plus souvent », il y a deux durées d’apprentissage très différentes.
Nous enseignons depuis 2000, et cette question ouvre presque chaque première rencontre. C’est pourquoi nous n’y répondons jamais avant de savoir ce que vous devez faire dans la langue, avec qui, et pour quand.
Le point de repère le plus sérieux vient de l’institut de formation du service extérieur américain, qui forme des diplomates depuis des décennies et publie ses estimations. Pour un anglophone visant une maîtrise professionnelle — travailler dans la langue, pas seulement converser —, il faut compter environ 600 à 750 heures de cours pour le français, l’espagnol ou l’italien, et environ 2 200 heures pour l’arabe, le mandarin, le japonais ou le coréen.
Ces chiffres méritent deux précisions, et elles changent tout. D’abord, ils désignent un niveau élevé : rédiger, négocier, suivre un débat technique. Ensuite, ils concernent des heures de cours intensif, auxquelles s’ajoute un travail personnel important.
Pour un francophone apprenant l’espagnol, la marche est plus basse encore que pour un anglophone, en raison de la parenté des deux langues. Et si votre objectif est de converser plutôt que de travailler dans la langue, l’ordre de grandeur se situe très en dessous de ces totaux. L’espagnol est d’ailleurs la deuxième langue maternelle non officielle la plus répandue au Québec, à 2,3 %, et le Mexique est le premier client du Québec en Amérique latine, avec environ 2 G$ d’exportations par année : le parcours est détaillé dans Espagnol débutant.
Demander de l’information sur les coursNous préférons annoncer des résultats vérifiables plutôt que des promesses. Après 25 ans de séances individuelles, les profils se répètent, et ils n’obtiennent pas la même chose du même nombre d’heures.
Un vrai débutant en espagnol tiendra, au terme de vingt-cinq heures, des conversations simples mais réelles : se présenter, parler de son travail, commander, expliquer un besoin, poser des questions. En anglais, la progression est un peu plus lente, l’écart entre les deux langues étant plus grand : c’est le point de départ d’Anglais débutant.
Un faux débutant, quelqu’un qui comprend sans parler, progresse beaucoup plus vite, parce qu’il ne s’agit pas d’apprendre mais d’activer. C’est le profil chez qui vingt-cinq heures produisent la transformation la plus spectaculaire.
Un intermédiaire bloqué depuis dix ans obtient autre chose : la disparition de plusieurs fautes fossilisées, un vocabulaire actif élargi, et souvent le basculement où l’on cesse de traduire mentalement. Ce n’est pas un changement de niveau officiel, mais c’est ce qui débloque la situation, et c’est le sujet d’Anglais intermédiaire.
Un avancé ne change pas de niveau en vingt-cinq heures. Il gagne du registre, de l’aisance en réunion et de la précision — des choses qui se voient dans son travail bien plus que dans un test.
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Demander de l’information sur les coursVoici le point que presque personne ne considère au moment de choisir. Vingt-cinq heures étalées sur vingt-cinq semaines et vingt-cinq heures réparties sur huit semaines ne produisent pas du tout le même résultat. À raison d’une séance par semaine, une part importante de chaque cours sert à récupérer ce qui s’est effacé depuis la précédente. À deux ou trois séances hebdomadaires, cet effet disparaît et la progression s’accélère nettement.
Si vous avez une échéance — un poste, un déménagement, un voyage —, concentrez. Sinon, deux séances par semaine restent le meilleur compromis entre progression et vie normale. À l’inverse, une seule séance toutes les deux semaines produit peu, quel que soit le nombre total d’heures achetées. Nous le disons même quand cela nous dessert.
Tenir cette cadence est une affaire d’organisation, et le Québec impose ici ses contraintes. La saison de la construction et la saison agricole concentrent l’activité de mai à novembre, ce qui laisse l’hiver comme fenêtre de formation pour plusieurs métiers. Les établissements d’enseignement, eux, suivent un calendrier de session — session d’automne, session d’hiver — alors que la santé, l’industrie et le transport fonctionnent par quarts variables. Un forfait d’heures se cale sur votre semaine; une session à date fixe vous demande l’inverse.
Le déplacement achève souvent les bonnes intentions. La route entre Montréal et la ville de Québec couvre environ 250 km et prend de 2 h 30 à 3 heures; entre Montréal et Sept-Îles, on parle d’environ 900 km. Ajoutez les quelque 250 cm de neige qui tombent en moyenne chaque année sur la province, et deux séances hebdomadaires en présentiel deviennent une promesse difficile à tenir. En ligne, la séance a lieu — aucun trajet, aucun stationnement, aucun hiver. Et l’interlocuteur reste un humain : nous expliquons dans Application ou professeur pourquoi un enregistrement ne remplace pas quelqu’un qui répond.
Demander de l’information sur les coursElles ne sont pas fausses au sens strict : elles jouent sur l’absence de définition. « Fluide » ne veut rien dire tant qu’on ne précise pas fluide pour quoi. Quelqu’un qui commande au restaurant, demande son chemin et échange trois phrases avec un chauffeur peut sincèrement se croire fluide. Confrontez-le à une réunion de travail, à un appel téléphonique difficile ou à une dispute, et l’illusion tombe.
Le recensement de 2021 a mesuré au Québec un taux de bilinguisme français-anglais de 46,4 %, un sommet jamais enregistré : près d’une personne sur deux déclare pouvoir soutenir une conversation dans les deux langues officielles. Cocher cette case et suivre un appel conférence restent pourtant deux exercices très différents, et l’écart se creuse hors des grands centres, où le taux est passé de 24,6 % en 2001 à 30,4 % en 2021. Un chiffre de recensement ne dit pas où vous décrochez; une séance le dit.
Nous ne vendons donc pas de délai. Nous indiquons, au terme de la première séance, où vous vous situez et ce que vingt-cinq heures peuvent raisonnablement changer dans votre cas. Vous décidez ensuite en connaissance de cause. C’est la logique de Notre méthode : vous parlez, on corrige, on mesure. Et si vous préférez d’abord nous évaluer, la liste des questions à poser à n’importe quelle école est dans Choisir une école.
Une précision qui écarte tout de suite une partie des lecteurs : nous ne donnons ni cours d’écriture, ni leçons de grammaire, ni préparation d’examen. Nous faisons de la conversation, et rien d’autre. Depuis 2000, plus de 8 000 étudiants ont été accompagnés un à un dans ce cadre étroit, et c’est précisément ce qui nous permet d’estimer une durée sans deviner.
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Cela dépend de l’objectif. Pour une maîtrise professionnelle, les estimations publiées par l’institut de formation du service extérieur américain situent l’espagnol autour de 600 à 750 heures de cours pour un anglophone. Pour simplement converser, et pour un francophone, l’ordre de grandeur est très inférieur.
L’arabe, le mandarin, le japonais et le coréen, estimés autour de 2 200 heures pour une maîtrise professionnelle — environ trois fois plus que l’espagnol ou l’italien.
Un vrai débutant en espagnol tiendra des conversations simples mais réelles. Un faux débutant connaîtra la transformation la plus spectaculaire, puisqu’il s’agit d’activer et non d’apprendre. Un intermédiaire verra disparaître plusieurs fautes fossilisées.
Trois, nettement. À une séance hebdomadaire, une part du cours sert à récupérer ce qui s’est effacé depuis la précédente. Une séance toutes les deux semaines produit peu, quel que soit le nombre d’heures achetées.
La promesse joue sur l’absence de définition : « fluide » ne veut rien dire tant qu’on ne précise pas fluide pour quoi. Nous ne vendons pas de délai; nous situons votre niveau à la première séance et disons ce que 25 heures peuvent raisonnablement changer.
Dites-nous ce que vous devez faire dans la langue et à quelle échéance. Nous vous donnerons une estimation réaliste, même si elle ne vous plaît pas, et nous vous dirons franchement si une autre formule vous convient mieux.
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