Cours de conversation anglaise

Du CV à la réunion de jeudi, en tête-à-tête et en ligne


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Situation · Travail

Bilingue sur papier, pas en réunion

Votre CV indique « bilingue ». Vous l’avez écrit de bonne foi : vous lisez tout, vous rédigez vos courriels, vous comprenez vos interlocuteurs. Puis arrive une réunion à six où trois personnes parlent vite en s’interrompant, et vous n’ouvrez pas la bouche pendant cinquante minutes.

Cet écart est extrêmement répandu, et il n’est pas de la malhonnêteté.

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Pourquoi tant de gens sont dans cette situation

Au Québec, le mot « bilingue » n’a aucune définition opérationnelle. Il figure dans des dizaines de milliers d’offres d’emploi sans que personne ne précise ce qu’il recouvre : lire? rédiger? animer une réunion? négocier un contrat? Ces compétences n’ont rien à voir entre elles.

Le mot est pourtant partout. Selon une analyse d’Indeed Hiring Lab publiée en 2018, 26 % des offres d’emploi au Québec exigeaient le bilinguisme ou indiquaient une préférence pour des candidats bilingues, soit 6,5 fois la moyenne canadienne, et la province concentrait 63 % de tous les emplois bilingues du Canada. Personne, dans aucune de ces annonces, ne dit à quoi il faudra être capable de répondre.

En l’absence de repère, chacun s’auto-évalue — et l’auto-évaluation se fait presque toujours sur ce qu’on fait le plus souvent. Vous lisez de l’anglais tous les jours, vous en écrivez régulièrement, vous en comprenez en permanence. Trois compétences sur quatre sont solides. Il est parfaitement raisonnable d’en conclure qu’on est bilingue, et c’est d’ailleurs ce que fait la statistique nationale : le taux de bilinguisme du Québec, 46,4 % au recensement de 2021, mesure des personnes qui déclarent pouvoir soutenir une conversation dans les deux langues.

Le problème, c’est que la quatrième — produire de la parole en temps réel, sous pression, avec plusieurs interlocuteurs qui ne s’arrêtent pas — est précisément celle que l’employeur observe en réunion. Et c’est la seule que votre parcours ne vous a jamais fait exercer.

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Le coût réel du silence en réunion

Il ne faut pas le sous-estimer, parce qu’il est rarement linguistique dans ses conséquences. Celui qui se tait est perçu comme moins impliqué, moins compétent, ou simplement sans opinion. Les décisions se prennent sans lui. Les projets intéressants vont à ceux qui les ont réclamés à voix haute. Au moment d’une promotion, l’argument « il n’est pas très à l’aise avec les équipes de Toronto » apparaît — et il est rarement formulé devant l’intéressé.

Ce n’est pas une impression : c’est exactement ce que les employeurs mesurent. Plus de 21 % des entreprises qui exigeaient l’anglais invoquaient les communications orales à l’intérieur de l’entreprise, une proportion qui dépassait 40 % à Montréal, selon l’enquête de l’Office québécois de la langue française rapportée en 2020. La réunion interne, pas le contrat international, est le lieu où l’anglais est réellement jugé.

La statistique de l’emploi dit la même chose autrement : en 2021, 1 452 285 travailleurs résidant au Québec — 35,4 % — utilisaient l’anglais au moins régulièrement au travail, alors que seulement 13,9 % l’utilisaient le plus souvent. Autrement dit, l’immense majorité de ceux qui parlent anglais au travail le font par intermittence, dans des moments qu’ils ne choisissent pas. Le télétravail a amplifié le phénomène : 22 % des travailleurs québécois étaient en télétravail en mai 2026, et 56 % dans les services professionnels, scientifiques et techniques. On se retrouve en visio avec l’autre bureau sans transition.

S’ajoute une tension permanente : la crainte qu’on vous pose une question directe, qu’on vous demande de présenter, qu’un client appelle. Beaucoup de gens organisent discrètement leur semaine pour éviter ces moments, ce qui consomme une énergie considérable. Cette hésitation a un nom et une mesure : selon Statistique Canada, 24 % des adultes de langue française au Canada ont vécu de l’insécurité linguistique au cours des cinq années précédant l’enquête.

La bonne nouvelle est que l’écart à combler est étroit. Vous n’avez pas à apprendre l’anglais : vous avez à apprendre à produire ce que vous possédez déjà, dans des conditions difficiles.

Ce qui manque précisément

La vitesse de réaction. Entre deux et trois secondes suffisent à faire passer votre tour. Si vous construisez votre phrase en français avant de la transposer, la conversation est déjà ailleurs. C’est un travail de production directe, sans passage par le français.

Les formules d’insertion. Les anglophones n’attendent pas le silence : ils s’insèrent. Can I jump in here?, just to build on that…, sorry, quick point sont des entrées socialement acceptées qui ne passent pas pour de l’impolitesse. Sans elles, vous attendez une ouverture qui ne viendra jamais.

Le registre. Exprimer un désaccord sans paraître agressif, nuancer, dire qu’on n’est pas certain sans se décrédibiliser. C’est ce qui vous permet d’intervenir utilement plutôt que de simplement parler.

La conversation à plusieurs. En tête-à-tête, votre interlocuteur ajuste son débit. À six, personne n’ajuste rien. C’est une situation distincte, et elle s’entraîne spécifiquement.

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Se mettre à niveau sans l’annoncer

C’est une préoccupation légitime que beaucoup de nos étudiants expriment : personne ne souhaite signaler à son employeur que le « bilingue » du CV était généreux.

Le format s’y prête. Les séances sont individuelles, en ligne, à l’heure que vous choisissez — tôt le matin, sur l’heure du dîner, le soir. Aucun groupe, aucun collègue, aucune inscription à passer par les ressources humaines. Vous êtes seul avec un professeur qui sera avec vous pendant toute l’heure, et il n’y a personne d’autre pour entendre vos essais.

Le contenu part de votre réalité : nous rejouons vos réunions, votre appel hebdomadaire avec l’autre bureau, le type de questions qu’on vous pose. Si vous avez une présentation dans trois semaines, elle devient le fil conducteur des séances. Nous ne donnons ni cours d’écriture, ni leçons de grammaire, ni préparation d’examen : ce que vous savez lire et rédiger n’a pas besoin de nous. Tout le temps de séance va à la compréhension orale et à la prise de parole.

Ce que les gens rapportent après une vingtaine d’heures n’est pas « je parle mieux ». C’est : « j’ai dit quelque chose en réunion et personne n’a remarqué que c’était nouveau ».

Ce que nous savons de cet écart

L’école enseigne depuis 2000 et plus de 8 000 étudiants sont passés par ses séances. L’écart entre le CV et la réunion, nous l’avons vu des centaines de fois, et il se présente toujours dans le même ordre : la compréhension est là, la production ne suit pas, et la personne conclut qu’elle a un problème d’anglais. Elle a un problème de conditions d’exercice.

C’est aussi pourquoi nous ne promettons rien sur un calendrier : 25 ans de séances individuelles nous ont appris que le rythme utile est celui qui tient dans une semaine de travail réelle. Décrivez le contexte — type de réunions, fréquence, interlocuteurs — et les séances seront bâties sur ces situations précises.

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FAQ | Bilingue au travail

Ai-je menti en écrivant « bilingue » sur mon CV?

Presque jamais. Le mot n’a aucune définition opérationnelle au Québec, et l’auto-évaluation se fait sur ce qu’on pratique le plus : lire, écrire, comprendre. Trois compétences sur quatre sont réellement solides.

Pourquoi est-ce que je me tais en réunion alors que je comprends tout?

Parce que produire de la parole en temps réel avec plusieurs interlocuteurs est une compétence distincte, la seule que votre parcours ne vous a jamais fait exercer.

Quel est le coût de ce silence?

Il est perçu comme un manque d’implication ou d’opinion. Les décisions se prennent sans vous, et l’argument « il n’est pas très à l’aise avec les équipes de Toronto » apparaît au moment d’une promotion, rarement devant l’intéressé.

Comment prendre la parole quand personne ne fait de pause?

Avec des formules d’insertion acceptées — « can I jump in here? », « just to build on that… ». Les anglophones n’attendent pas le silence, ils s’insèrent.

Mon employeur doit-il être au courant?

Non. Les séances sont individuelles, en ligne, à l’heure que vous choisissez. Aucun groupe, aucun collègue, aucune inscription à faire passer par les ressources humaines.

Pour aller plus loin

À quoi ressemblent vos réunions?

Décrivez leur type, leur fréquence et vos interlocuteurs : les séances seront bâties sur ces situations précises, et personne d’autre n’a à le savoir.

Cours privés d’anglais et d’espagnol en ligne — pour comprendre ce qu’on vous dit, et savoir quoi répondre.

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  • 100 %Conversation : on parle, on ne récite pas
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