Bilingue sur papier

L’écart entre le CV et la réunion de jeudi


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Situation · Travail

Bilingue sur papier, pas en réunion

Votre CV indique « bilingue ». Vous l’avez écrit de bonne foi : vous lisez tout, vous rédigez vos courriels, vous comprenez vos interlocuteurs. Puis arrive une réunion à six où trois personnes parlent vite en s’interrompant, et vous n’ouvrez pas la bouche pendant cinquante minutes. Cet écart est extrêmement répandu, et il n’est pas de la malhonnêteté.

  • Discret et individuel
  • Bâti sur vos réunions réelles
  • Prise de parole
  • Aucune exposition
  • 25 heures : 799 $

Pourquoi tant de gens sont dans cette situation

Au Québec, le mot « bilingue » n’a aucune définition opérationnelle. Il figure dans des dizaines de milliers d’offres d’emploi sans que personne ne précise ce qu’il recouvre : lire? rédiger? animer une réunion? négocier un contrat? Ces compétences n’ont rien à voir entre elles.

En l’absence de repère, chacun s’auto-évalue — et l’auto-évaluation se fait presque toujours sur ce qu’on fait le plus souvent. Vous lisez de l’anglais tous les jours, vous en écrivez régulièrement, vous en comprenez en permanence. Trois compétences sur quatre sont solides. Il est parfaitement raisonnable d’en conclure qu’on est bilingue.

Le problème, c’est que la quatrième — produire de la parole en temps réel, sous pression, face à plusieurs interlocuteurs — est précisément celle que l’employeur observe en réunion. Et c’est la seule que votre parcours ne vous a jamais fait exercer.

Forfait de 25 cours privés d’une heure : 799 $ CA au lieu de 1 199 $. Aucun paiement demandé au début des cours.

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Le coût réel du silence en réunion

Il ne faut pas le sous-estimer, parce qu’il est rarement linguistique dans ses conséquences.

Celui qui se tait est perçu comme moins impliqué, moins compétent, ou simplement sans opinion. Les décisions se prennent sans lui. Les projets intéressants vont à ceux qui les ont réclamés à voix haute. Au moment d’une promotion, l’argument « il n’est pas très à l’aise avec les équipes de Toronto » apparaît — et il est rarement formulé devant l’intéressé.

S’ajoute une tension permanente : la crainte qu’on vous pose une question directe, qu’on vous demande de présenter, qu’un client appelle. Beaucoup de gens organisent discrètement leur semaine pour éviter ces moments, ce qui consomme une énergie considérable.

La bonne nouvelle est que l’écart à combler est étroit. Vous n’avez pas à apprendre l’anglais : vous avez à apprendre à produire ce que vous possédez déjà, dans des conditions difficiles.

Ce qui manque précisément

La vitesse de réaction. Entre deux et trois secondes suffisent à faire passer votre tour. Si vous construisez votre phrase en français avant de la transposer, la conversation est déjà ailleurs. C’est un travail de production directe, sans passage par le français.

Les formules d’insertion. Les anglophones n’attendent pas le silence : ils s’insèrent. Can I jump in here?, just to build on that…, sorry, quick point sont des entrées socialement acceptées qui ne passent pas pour de l’impolitesse. Sans elles, vous attendez une ouverture qui ne viendra jamais.

Le registre. Exprimer un désaccord sans paraître agressif, nuancer, dire qu’on n’est pas certain sans se décrédibiliser. C’est ce qui vous permet d’intervenir utilement plutôt que de simplement parler.

La conversation à plusieurs. En tête-à-tête, votre interlocuteur ajuste son débit. À six, personne n’ajuste rien. C’est une situation distincte, et elle s’entraîne spécifiquement.

Se mettre à niveau sans l’annoncer

C’est une préoccupation légitime que beaucoup de nos étudiants expriment : personne ne souhaite signaler à son employeur que le « bilingue » du CV était généreux.

Le format s’y prête. Les séances sont individuelles, en ligne, à l’heure que vous choisissez — tôt le matin, sur l’heure du dîner, le soir. Aucun groupe, aucun collègue, aucune inscription à passer par les ressources humaines.

Le contenu part de votre réalité : nous rejouons vos réunions, votre appel hebdomadaire avec l’autre bureau, le type de questions qu’on vous pose. Si vous avez une présentation dans trois semaines, elle devient le fil conducteur des séances.

Ce que les gens rapportent après une vingtaine d’heures n’est pas « je parle mieux ». C’est : « j’ai dit quelque chose en réunion et personne n’a remarqué que c’était nouveau ».

Décrivez le contexte : type de réunions, fréquence, interlocuteurs. Les séances seront bâties sur ces situations précises.

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Pour aller plus loin

Voir toutes les pages de la section « Méthode et questions » · Plan du site

FAQ | Bilingue au travail

Ai-je menti en écrivant « bilingue » sur mon CV?

Presque jamais. Le mot n’a aucune définition opérationnelle au Québec, et l’auto-évaluation se fait sur ce qu’on pratique le plus : lire, écrire, comprendre. Trois compétences sur quatre sont réellement solides.

Pourquoi est-ce que je me tais en réunion alors que je comprends tout?

Parce que produire de la parole en temps réel devant plusieurs interlocuteurs est une compétence distincte, la seule que votre parcours ne vous a jamais fait exercer.

Quel est le coût de ce silence?

Il est perçu comme un manque d’implication ou d’opinion. Les décisions se prennent sans vous, et l’argument « il n’est pas très à l’aise avec les équipes de Toronto » apparaît au moment d’une promotion, rarement devant l’intéressé.

Comment prendre la parole quand personne ne fait de pause?

Avec des formules d’insertion acceptées — « can I jump in here? », « just to build on that… ». Les anglophones n’attendent pas le silence, ils s’insèrent.

Mon employeur doit-il être au courant?

Non. Les séances sont individuelles, en ligne, à l’heure que vous choisissez. Aucun groupe, aucun collègue, aucune inscription à faire passer par les ressources humaines.