Intelligibilité et accent sont deux choses différentes
On confond systématiquement les deux. Un accent, c’est une coloration : un rythme, des voyelles, une musique qui signalent votre origine. Tout le monde en a un, y compris les anglophones entre eux.
L’intelligibilité, c’est autre chose : la capacité de votre interlocuteur à identifier les mots que vous prononcez. On peut avoir un accent français très marqué et être parfaitement clair, comme on peut avoir un accent discret et rendre certains mots méconnaissables.
Viser l’effacement de l’accent chez un adulte est un projet coûteux, incertain et sans bénéfice réel. Viser l’intelligibilité demande quelques heures de travail ciblé et règle le problème.
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▶ Je veux commencerLes cinq traits qui comptent
1. L’accent tonique. C’est de loin le plus important, et le plus négligé. Le français accentue régulièrement la fin du groupe; l’anglais place un accent fixe et imprévisible dans chaque mot. Déplacez-le et le mot devient méconnaissable, même si tous les sons sont corrects. Un anglophone qui entend deVElopment accentué sur la première syllabe ne reconnaît tout simplement pas le mot.
2. Les voyelles courtes et longues. L’anglais distingue des paires que le français ne connaît pas : ship et sheep, full et fool, bit et beat. Un francophone prononce souvent les deux de façon identique, ce qui crée de véritables confusions de sens.
3. Le h aspiré. Muet en français, il ne l’est pas en anglais : ill et hill, air et hair sont deux mots. L’effet secondaire est amusant et fréquent — à force d’y penser, on ajoute des h là où il n’y en a pas.
4. Le th. Le plus connu, et pourtant pas le plus grave : le remplacer par un t ou un d gêne rarement la compréhension, parce que le contexte rattrape. Il mérite du travail, mais après les trois premiers.
5. Les consonnes finales. Le français les affaiblit; l’anglais les fait porter du sens. Avaler le -ed ou le -s final efface un temps ou un pluriel, et c’est particulièrement coûteux au téléphone, où ces sons passent déjà mal.
Ce qui ne mérite aucun travail
Il est tout aussi utile de savoir où ne pas investir.
Le r. Un r français dans un mot anglais est immédiatement reconnaissable et ne gêne à peu près jamais la compréhension. Le corriger demande énormément d’effort pour un bénéfice quasi nul.
La musique générale de la phrase. Elle signale votre origine, et c’est très bien ainsi. Personne n’a jamais perdu un contrat parce que son intonation était française.
Les voyelles nasales résiduelles. Elles colorent votre anglais sans brouiller les mots.
Un dernier point, plus important qu’il n’y paraît : l’accent n’est pas un défaut à corriger, c’est une information à assumer. En Amérique du Nord, un accent étranger signale souvent que vous parlez plus d’une langue — ce qui est un avantage, pas une faiblesse. Les gens qui réussissent le mieux en anglais ne sont pas ceux qui ont le meilleur accent, ce sont ceux qui ont cessé de s’en préoccuper.
Pourquoi cela ne s’apprend pas seul
La prononciation est le seul domaine où l’autocorrection est structurellement impossible.
Vous ne vous entendez pas comme les autres vous entendent. Plus encore : votre oreille, formée au français, n’enregistre pas les distinctions qui n’existent pas dans votre langue. Si vous ne percevez pas la différence entre ship et sheep, vous ne pouvez pas la produire, et aucune quantité d’écoute ne vous la révélera spontanément.
Il faut quelqu’un qui entende ce que vous produisez réellement, vous le signale sur-le-champ, et vous fasse répéter jusqu’à ce que la production corresponde. C’est exactement ce qu’une application ne peut pas faire : une note globale sur une phrase ne vous dit pas que votre accent tonique tombe systématiquement au mauvais endroit.
Si des interlocuteurs vous font répéter souvent, dites-le. Nous identifierons les deux ou trois traits responsables plutôt que de travailler l’accent en général.
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FAQ | Accent et prononciation
Puis-je perdre mon accent francophone?
Chez un adulte, non — et ce n’est pas souhaitable. L’accent est une coloration, pas un défaut. Ce qui compte est l’intelligibilité, et elle se traite en quelques heures ciblées.
Quel trait faut-il travailler en premier?
L’accent tonique. Le français accentue la fin du groupe, l’anglais place un accent fixe et imprévisible dans chaque mot. Mal placé, il rend le mot méconnaissable même si tous les sons sont corrects.
Le th est-il vraiment si important?
Moins qu’on ne le croit. Le remplacer par un t ou un d gêne rarement la compréhension, parce que le contexte rattrape. Il vient après l’accent tonique, les voyelles et le h aspiré.
Faut-il corriger le r français?
Non. Il est immédiatement reconnaissable mais ne gêne à peu près jamais la compréhension, et le corriger demande un effort considérable pour un bénéfice quasi nul.
Puis-je travailler ma prononciation seul?
Très difficilement : votre oreille, formée au français, n’enregistre pas les distinctions absentes de votre langue. Si vous ne percevez pas l’écart entre ship et sheep, vous ne pouvez pas le produire.