Le problème du dosage
Un gestionnaire québécois qui transpose sa franchise habituelle en anglais nord-américain est régulièrement perçu comme plus dur qu’il ne le croit. « That’s not good enough » dit en français « ce n’est pas assez bon »; en anglais de bureau, cela s’entend comme un jugement sévère sur la personne.
Le réflexe inverse existe aussi, et il est plus courant. Conscient du risque, on multiplie les précautions — maybe, a little bit, if possible — jusqu’à ce que le message disparaisse. L’employé sort de la rencontre convaincu que tout va bien. Trois mois plus tard, rien n’a changé, et le gestionnaire ne comprend pas pourquoi.
Entre les deux, il existe un registre précis : I need to see a change here, this is becoming a pattern, let’s be clear about the expectation. Ferme sans être agressif, net sans être blessant. Ce n’est pas du vocabulaire, c’est du calibrage — et cela s’apprend uniquement par rétroaction, en disant une phrase et en s’entendant répondre comment elle sera reçue.
Forfait de 25 cours privés d’une heure : 799 $ CA au lieu de 1 199 $. Aucun paiement demandé au début des cours.
▶ Je veux commencerLes quatre conversations à sécuriser
La rétroaction positive. On la croit facile; elle ne l’est pas. « Good job » répété perd tout sens. Une reconnaissance efficace nomme précisément ce qui a été bien fait et pourquoi cela compte — ce qui demande justement de l’aisance et du vocabulaire.
Le recadrage. La conversation la plus redoutée. Décrire un comportement sans attaquer la personne, énoncer l’attente, convenir d’une suite, vérifier que le message est passé. Nous la rejouons plusieurs fois, y compris avec un interlocuteur qui se défend ou qui nie.
La délégation. Confier une tâche en anglais donne souvent lieu à des malentendus coûteux, parce qu’on énonce l’objectif sans préciser l’échéance, le niveau d’autonomie ni le résultat attendu. Il existe une séquence simple qui élimine l’essentiel du problème.
L’annonce d’un changement. Réorganisation, nouvelle direction, mauvaise nouvelle. Le contenu est souvent imposé; c’est la façon de le porter qui vous appartient. On y travaille la structure, le ton et surtout la période de questions, qui est le moment où tout peut déraper.
La rencontre individuelle
C’est le format où l’écart entre les deux langues se voit le plus, parce qu’il ne repose sur aucun ordre du jour technique.
Une bonne rencontre individuelle est surtout faite de questions et de silences. Or c’est précisément ce qu’un gestionnaire mal à l’aise en anglais ne parvient pas à tenir : il comble les pauses, parle plus que l’employé, et transforme un échange en monologue. La rencontre a lieu, mais elle n’apprend rien.
Nous travaillons donc les questions ouvertes et les relances — what’s getting in your way?, tell me more about that, what would help? — ainsi que la capacité de supporter un silence de cinq secondes sans le remplir. C’est un exercice inconfortable et remarquablement efficace.
S’ajoute un point délicat : recevoir une critique de la part d’un employé, en anglais, sans se braquer ni se justifier. Cela demande des formulations que l’on n’a jamais eu l’occasion d’apprendre.
Apportez une situation réelle — une rencontre difficile à venir, un employé dont la performance baisse, une annonce à faire. C’est le meilleur matériau à ce niveau.
▶ Obtenir de l’information sans engagementDiriger une équipe multiculturelle
Beaucoup de gestionnaires québécois encadrent aujourd’hui des personnes qui ne sont ni francophones ni anglophones de naissance, souvent à distance.
Deux conséquences pratiques. D’abord, votre anglais doit être clair plutôt que sophistiqué : les expressions idiomatiques et les tournures indirectes que vous venez d’apprendre risquent de n’être pas comprises par un collègue dont l’anglais est aussi une langue seconde. Simplifier est ici une compétence, pas un aveu de faiblesse.
Ensuite, le rapport à l’autorité et à la critique varie énormément d’une culture à l’autre. Un « oui » poli ne signifie pas partout un engagement, et une objection ne se formule pas partout directement. Savoir poser la question de vérification qui oblige à préciser vaut mieux que de supposer.
Pour aller plus loin
Anglais avancé · Anglais des affaires · Ressources humaines · Bilingue sur papier · Vente · Espagnol des affaires · Cours de langues à Québec
↑ Voir toutes les pages de la section « Cours par métier » · Plan du site
FAQ | Anglais pour gestionnaires
On me trouve plus dur en anglais qu’en français. Pourquoi?
Parce que la franchise québécoise transposée telle quelle s’entend comme un jugement sur la personne. « That’s not good enough » est beaucoup plus sévère en anglais de bureau qu’en français.
Mon message ne passe jamais. Que se passe-t-il?
C’est le réflexe inverse, et le plus courant : on multiplie les précautions jusqu’à ce que le message disparaisse. L’employé sort convaincu que tout va bien, et rien ne change.
Quelle conversation travaillez-vous en priorité?
Le recadrage : décrire un comportement sans attaquer la personne, énoncer l’attente, convenir d’une suite. Nous la rejouons plusieurs fois, y compris avec un interlocuteur qui se défend ou qui nie.
Pourquoi la rencontre individuelle est-elle si difficile en anglais?
Parce qu’elle est faite de questions et de silences, et qu’un gestionnaire mal à l’aise comble les pauses. La rencontre devient un monologue et n’apprend rien.
J’encadre une équipe multiculturelle à distance.
Votre anglais doit alors être clair plutôt que sophistiqué : les tournures idiomatiques risquent de n’être pas comprises par des collègues dont l’anglais est aussi une langue seconde.