Vous savez expliquer votre procédure en français, et on vous demande maintenant de la transmettre en anglais. Présenter et former ne sont pas la même chose : une présentation réussit si l’on vous écoute, une formation réussit seulement si les gens savent faire quelque chose à la fin. Cela change complètement ce qu’il faut travailler dans la langue — et ce n’est pas le vocabulaire technique.
Une formation repose sur des séquences : d’abord ceci, ensuite cela, et si tel cas se présente, alors autre chose. C’est une grammaire très particulière, et elle est étonnamment mal maîtrisée par les francophones à l’oral. Trois familles de structures portent presque tout le contenu.
La séquence. First you’ll want to…, once that’s done…, before you move on, make sure… Ces marqueurs disent au participant où il en est. Sans eux, une explication devient un bloc indistinct.
La condition. If the light stays red, that means…, unless you see the confirmation, don’t… C’est là que se jouent les erreurs coûteuses, et c’est la construction la plus fragile chez les francophones sous pression.
L’avertissement. Whatever you do, don’t…, the one thing to watch out for is… Un avertissement dit trop doucement n’est pas retenu; dit trop sèchement, il braque. Le dosage compte.
Nous installons ces trois familles à partir de votre propre procédure, que vous expliquez à voix haute en séance, corrigée pas à pas. Le professeur reste avec vous pendant l’exercice et arrête la phrase à l’endroit exact où elle dérape.
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M’inscrire aux coursC’est la faute la plus répandue, et elle n’est pas linguistique : elle est méthodologique. Personne ne lève la main pour dire qu’il n’a pas compris, surtout devant ses collègues.
La vérification efficace passe par des questions qui obligent à produire. Walk me through what you’d do next. Show me on your screen. What would you do if the file doesn’t load? On ne demande pas si c’est clair — on demande de faire.
Cette approche a un avantage considérable quand vous formez en langue seconde : elle vous fait parler moins. Plus les participants produisent, moins vous portez la charge linguistique — et plus la formation est efficace. Un formateur peu à l’aise en anglais a donc intérêt à faire exactement ce qu’un bon formateur ferait de toute façon.
Nous travaillons aussi la reformulation : dire la même chose autrement quand la première explication n’a pas porté. C’est ce qui manque le plus en langue seconde, parce qu’on n’a souvent qu’une seule façon de dire les choses.
Un groupe crée des situations qu’une présentation ne crée pas, et elles arrivent toutes en anglais sans prévenir.
Le participant qui monopolise. Il faut le couper avec respect et rendre la parole : that’s a good point — let’s park it and come back at the end. Sarah, you had a question?
Celui qui conteste. Reconnaître sans céder, et proposer de vérifier : that’s fair — it works differently in your setup. Let’s look at it after.
Le silence complet. Un groupe muet ne signifie pas qu’il a compris. Nommer quelqu’un directement, avec bienveillance, débloque presque toujours.
La question à laquelle vous ne savez pas répondre. I don’t know — I’ll find out and send it to the group today. Dit simplement, cela renforce votre crédibilité.
Chacune de ces situations est rejouée en séance, y compris avec un interlocuteur volontairement difficile. Nous enseignons la conversation depuis 2000 : ces scènes reviennent si régulièrement que nous les connaissons avant que vous les racontiez.
Apportez votre matériel de formation et la date. Nous travaillons sur votre contenu réel, pas sur des exemples génériques.
Demander de l’information sur les coursC’est la situation la plus fréquente au Québec, et elle change les règles. Vous formez une équipe où l’anglais est la langue commune sans être la langue maternelle de personne. Dans ce cas, votre anglais doit être simple, pas sophistiqué. Les verbes à particule et les expressions idiomatiques que vous venez d’apprendre risquent de n’être compris par personne.
Trois réflexes utiles : ralentir sans infantiliser, préférer le mot transparent au mot idiomatique (continue plutôt que carry on), et écrire au tableau les termes clés — la forme écrite est souvent mieux reconnue que la forme orale par des locuteurs non natifs.
Et vérifier encore plus souvent. Dans ce contexte, un hochement de tête ne signifie presque rien : seule la production permet de savoir si le message est passé.
Il arrive aussi que l’anglais ne soit pas la bonne langue du tout. En 2021, le Québec comptait 18 216 travailleurs étrangers temporaires en agriculture, majoritairement citoyens du Guatemala (55 %) et du Mexique (34 %) : dans ces équipes, la consigne se donne en espagnol, et nous préparons aussi cette version-là de votre formation.
Ce besoin n’a rien d’anecdotique. Selon l’enquête de l’Office québécois de la langue française, plus de 21 % des entreprises qui exigeaient l’anglais invoquaient les communications orales à l’intérieur de l’entreprise, une proportion qui dépassait 40 % à Montréal. Et en 2021, 1 452 285 travailleurs résidant au Québec, soit 35,4 %, utilisaient l’anglais au moins régulièrement au travail. Une formation interne est exactement ce type de communication orale.
Les secteurs où cela tombe le plus souvent sont identifiables. L’aérospatiale québécoise employait 43 100 personnes en 2024, pour des ventes de près de 22,8 G$, et compte plus de 215 PME spécialisées en matériaux composites, en avionique et en fabrication de composants, dans un univers de donneurs d’ordres comme Airbus, Bombardier, Bell Textron Canada, Boeing, CAE, Pratt & Whitney Canada et Rolls-Royce. L’industrie des technologies de l’information comptait 180 933 emplois et 9 819 entreprises avec employés en 2024. La construction a dépassé pour la première fois 200 000 travailleurs, avec 216 millions d’heures travaillées en 2025. Dans chacun de ces milieux, une procédure qui change se transmet de vive voix, souvent à un quart complet.
S’ajoute l’exportation : au premier trimestre de 2025, 75,9 % des exportations du Québec allaient aux États-Unis, ce qui met régulièrement un formateur québécois en position d’expliquer sa méthode à l’équipe d’un client. Et comme 22 % des travailleurs québécois font du télétravail — 56 % dans les services professionnels, scientifiques et techniques —, une bonne part de ces formations se donne par visioconférence, écran partagé, sans voir les visages.
Notre école fait de la conversation, et seulement cela : nous ne donnons ni cours d’écriture, ni leçons de grammaire, ni préparation d’examen. Le résultat visé est la compréhension orale et la prise de parole — suivre une question posée à vitesse normale, avec son accent, et y répondre sans la faire répéter. Plus de 8 000 étudiants ont suivi ce chemin avec nous.
Demander de l’information sur les coursUne présentation réussit si l’on vous écoute; une formation réussit seulement si les gens savent faire quelque chose à la fin. Cela déplace le travail vers les structures de séquence, de condition et d’avertissement.
Parce que personne ne lève la main pour dire qu’il n’a pas compris devant ses collègues. Il faut demander de faire : « walk me through what you’d do next », « what would you do if the file doesn’t load? »
Moins qu’on ne le croit. Faire produire les participants réduit votre charge linguistique — et c’est justement ce qu’un bon formateur ferait de toute façon.
« That’s a good point — let’s park it and come back at the end. Sarah, you had a question? » Couper avec respect et rendre la parole immédiatement.
Alors votre anglais doit être simple plutôt que sophistiqué : le mot transparent plutôt que l’idiomatique, les termes clés écrits au tableau, et une vérification encore plus fréquente.
Dites-nous le sujet, le public et la date. Nous travaillons votre procédure réelle, y compris les questions que vous redoutez.
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