Expliquer une procédure, pas décrire un concept
Une formation repose sur des séquences : d’abord ceci, ensuite cela, et si tel cas se présente, alors autre chose. C’est une grammaire très particulière, et elle est étonnamment mal maîtrisée par les francophones à l’oral.
Trois familles de structures portent presque tout le contenu.
La séquence. First you’ll want to…, once that’s done…, before you move on, make sure… Ces marqueurs disent au participant où il en est. Sans eux, une explication devient un bloc indistinct.
La condition. If the light stays red, that means…, unless you see the confirmation, don’t… C’est là que se jouent les erreurs coûteuses, et c’est la construction la plus fragile chez les francophones sous pression.
L’avertissement. Whatever you do, don’t…, the one thing to watch out for is… Un avertissement dit trop doucement n’est pas retenu; dit trop sèchement, il braque. Le dosage compte.
Nous installons ces trois familles à partir de votre propre procédure, que vous expliquez à voix haute en séance, corrigée pas à pas.
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▶ Je veux commencer« Any questions? » ne vérifie rien
C’est la faute la plus répandue, et elle n’est pas linguistique : elle est méthodologique. Personne ne lève la main pour dire qu’il n’a pas compris, surtout devant ses collègues.
La vérification efficace passe par des questions qui obligent à produire. Walk me through what you'd do next. Show me on your screen. What would you do if the file doesn't load? On ne demande pas si c’est clair — on demande de faire.
Cette approche a un avantage considérable quand vous formez en langue seconde : elle vous fait parler moins. Plus les participants produisent, moins vous portez la charge linguistique — et plus la formation est efficace. Un formateur peu à l’aise en anglais a donc intérêt à faire exactement ce qu’un bon formateur ferait de toute façon.
Nous travaillons aussi la reformulation : dire la même chose autrement quand la première explication n’a pas porté. C’est ce qui manque le plus en langue seconde, parce qu’on n’a souvent qu’une seule façon de dire les choses.
Gérer le groupe
Un groupe crée des situations qu’une présentation ne crée pas, et elles arrivent toutes en anglais sans prévenir.
Le participant qui monopolise. Il faut le couper avec respect et rendre la parole : that's a good point — let's park it and come back at the end. Sarah, you had a question?
Celui qui conteste. Reconnaître sans céder, et proposer de vérifier : that's fair — it works differently in your setup. Let's look at it after.
Le silence complet. Un groupe muet ne signifie pas qu’il a compris. Nommer quelqu’un directement, avec bienveillance, débloque presque toujours.
La question à laquelle vous ne savez pas répondre. I don't know — I'll find out and send it to the group today. Dit simplement, cela renforce votre crédibilité.
Chacune de ces situations est rejouée en séance, y compris avec un interlocuteur volontairement difficile.
Apportez votre matériel de formation et la date. Nous travaillons sur votre contenu réel, pas sur des exemples génériques.
▶ Obtenir de l’information sans engagementQuand les participants ne sont pas anglophones non plus
C’est la situation la plus fréquente au Québec, et elle change les règles.
Vous formez une équipe où l’anglais est la langue commune sans être la langue maternelle de personne. Dans ce cas, votre anglais doit être simple, pas sophistiqué. Les verbes à particule et les expressions idiomatiques que vous venez d’apprendre risquent de n’être compris par personne.
Trois réflexes utiles : ralentir sans infantiliser, préférer le mot transparent au mot idiomatique (continue plutôt que carry on), et écrire au tableau les termes clés — la forme écrite est souvent mieux reconnue que la forme orale par des locuteurs non natifs.
Et vérifier encore plus souvent. Dans ce contexte, un hochement de tête ne signifie presque rien : seule la production permet de savoir si le message est passé.
Pour aller plus loin
Faire une présentation · Gestionnaires · Équipe à l’étranger · Ingénieurs · Anglais avancé · Consignes en espagnol · Anglais des affaires
↑ Voir toutes les pages de la section « Situations professionnelles » · Plan du site
FAQ | Former en anglais
En quoi former diffère-t-il de présenter?
Une présentation réussit si l’on vous écoute; une formation réussit seulement si les gens savent faire quelque chose à la fin. Cela déplace le travail vers les structures de séquence, de condition et d’avertissement.
Pourquoi « any questions? » ne suffit-il pas?
Parce que personne ne lève la main pour dire qu’il n’a pas compris devant ses collègues. Il faut demander de faire : « walk me through what you’d do next », « what would you do if the file doesn’t load? »
Mon anglais est limité. Est-ce un obstacle rédhibitoire?
Moins qu’on ne le croit. Faire produire les participants réduit votre charge linguistique — et c’est justement ce qu’un bon formateur ferait de toute façon.
Comment gérer un participant qui monopolise?
« That’s a good point — let’s park it and come back at the end. Sarah, you had a question? » Couper avec respect et rendre la parole immédiatement.
Mes participants ne sont pas anglophones non plus.
Alors votre anglais doit être simple plutôt que sophistiqué : le mot transparent plutôt que l’idiomatique, les termes clés écrits au tableau, et une vérification encore plus fréquente.