Parler sans passer par la grammaire

La règle après l’usage, jamais avant


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Méthode · Grammaire

Apprendre à parler sans passer par la grammaire

« Il faudrait d’abord que je revoie mes bases. » Nous entendons cette phrase chaque semaine, et c’est probablement la meilleure façon de ne jamais commencer. Elle repose sur une idée fausse : que la grammaire précède la parole. Chez l’adulte comme chez l’enfant, c’est l’inverse qui se produit.

  • La règle après l’usage
  • Blocs tout faits
  • Correction en contexte
  • Aucun cahier d’exercices
  • 25 heures : 799 $

Savoir une règle et l’appliquer sont deux choses distinctes

Faites le test. Demandez à n’importe quel Québécois la règle d’accord du participe passé avec l’auxiliaire avoir. Beaucoup hésiteront. Et pourtant, ils l’appliquent correctement des dizaines de fois par jour à l’oral, sans y penser.

C’est exactement le phénomène que nous cherchons à reproduire. Il existe une connaissance explicite, celle qu’on récite, et une connaissance implicite, celle qui sort toute seule au bon moment. Seule la seconde permet de parler, parce qu’une conversation ne laisse pas le temps de consulter une règle.

Le problème est que l’une ne se transforme pas en l’autre par la seule volonté. Des milliers de Québécois connaissent parfaitement la règle du -s à la troisième personne de l’anglais et l’oublient en parlant. Ils n’ont pas un problème de savoir : ils ont un problème d’automatisme.

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Ce que nous faisons à la place

Des blocs entiers plutôt que des mots à assembler. Un locuteur natif ne construit pas chaque phrase à partir de règles : il puise dans un stock immense d’expressions toutes faites qu’il a entendues des centaines de fois. Nous installons donc directement ces blocs — une formule complète, employée correctement, répétée en situation — au lieu de vous faire fabriquer une phrase pièce par pièce.

La correction, jamais l’explication d’abord. Quand une faute sort, le professeur redit la phrase correctement et vous la reprenez. On n’ouvre pas une parenthèse théorique de cinq minutes qui casse la conversation et que vous aurez oubliée le lendemain.

La règle arrive après, et brièvement. Quand vous avez déjà employé une structure une vingtaine de fois, une explication de trente secondes vient ranger ce que vous produisez déjà. À ce moment-là, elle s’accroche à quelque chose de réel. Donnée trop tôt, elle flotte dans le vide.

La répétition espacée, en parlant. Une structure travaillée une seule fois disparaît. Le professeur y ramène la conversation la semaine suivante, puis quinze jours plus tard, jusqu’à ce qu’elle sorte sans effort.

Les cas où nous expliquons vraiment

Il serait malhonnête de prétendre qu’aucune explication n’est jamais nécessaire. Certaines distinctions n’existent pas en français, et l’intuition d’un francophone ne peut pas les deviner seule.

En espagnol, l’opposition entre ser et estar en fait partie, tout comme l’emploi du subjonctif, beaucoup plus large qu’en français. En anglais, la différence entre le present perfect et le prétérit échappe entièrement à la logique française. En russe, les six cas de déclinaison n’ont aucun équivalent.

Dans ces cas, nous expliquons — mais toujours dans le même ordre : d’abord des dizaines d’exemples entendus et employés, ensuite une explication courte, puis retour immédiat à l’usage. Jamais un tableau appris avant d’avoir produit une seule phrase.

« Mais je vais prendre de mauvaises habitudes »

C’est l’objection la plus fréquente, et elle est légitime. Elle suppose qu’en parlant tôt, avec des fautes, on fixe ces fautes durablement.

Le raisonnement serait juste si personne ne vous corrigeait. C’est d’ailleurs exactement ce qui se produit chez les gens qui pratiquent uniquement avec des collègues bienveillants ou en voyage : les erreurs se figent, faute de rétroaction. Nous appelons cela des fautes fossilisées, et c’est le fléau du niveau intermédiaire.

Mais dans un cours privé, vous êtes corrigé à chaque occurrence. Le risque disparaît. Ce qui reste, lui, est bien réel : chaque mois passé à « revoir ses bases » avant d’oser parler est un mois sans production, donc sans progrès à l’oral.

Vous n’avez rien à réviser avant de commencer. Écrivez-nous et la première séance déterminera où vous en êtes.

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Pour aller plus loin

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FAQ | Grammaire et parole

Dois-je revoir mes bases avant de commencer?

Non, et c’est souvent ce qui empêche de commencer tout court. Chaque mois passé à réviser avant d’oser parler est un mois sans production, donc sans progrès à l’oral. La première séance déterminera où vous en êtes.

Pourquoi connaître la règle ne suffit-il pas?

Parce qu’il existe une connaissance explicite, celle qu’on récite, et une connaissance implicite, celle qui sort au bon moment. Seule la seconde permet de parler : une conversation ne laisse pas le temps de consulter une règle.

Ne vais-je pas prendre de mauvaises habitudes en parlant trop tôt?

Ce risque existe seulement si personne ne vous corrige — c’est ainsi que se fossilisent les erreurs de ceux qui pratiquent uniquement en voyage ou entre collègues. En cours privé, vous êtes repris à chaque occurrence.

N’expliquez-vous jamais de grammaire?

Si, pour les distinctions qui n’existent pas en français : ser et estar, le subjonctif espagnol, le present perfect anglais, les cas russes. Mais toujours après des dizaines d’exemples employés, jamais avant.

Qu’est-ce qu’un « bloc tout fait »?

Une expression complète employée telle quelle, comme le fait un locuteur natif qui puise dans un stock d’expressions entendues des centaines de fois, plutôt que de fabriquer chaque phrase pièce par pièce à partir de règles.