Pourquoi la préparation classique échoue
La méthode habituelle consiste à lister les questions fréquentes, à rédiger les réponses, puis à les apprendre par cœur. C’est rassurant, et c’est contre-productif pour deux raisons.
Une réponse mémorisée s’entend. Le débit est trop régulier, le vocabulaire trop soutenu par rapport au reste de l’entretien, l’intonation trop lisse. Un recruteur d’expérience le repère en quinze secondes, et il en tire une conclusion : ce candidat ne parle pas vraiment anglais.
Le contraste devient fatal. Après deux minutes fluides, la première question improvisée produit un écart si brutal que l’impression d’ensemble en souffre davantage que si vous aviez été moyen partout.
Nous travaillons donc à l’inverse : d’abord la capacité de répondre à n’importe quoi de façon acceptable, ensuite seulement les questions prévisibles. Un niveau homogène vaut beaucoup mieux qu’un pic suivi d’un trou.
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▶ Je veux commencerLes questions qui reviennent presque toujours
Elles sont peu nombreuses, et il faut les maîtriser — sans les réciter.
Tell me about yourself. La plus mal traitée de toutes. Ce n’est ni votre biographie ni la lecture de votre CV : c’est un résumé de deux minutes orienté vers le poste visé. Les francophones commencent trop loin dans le temps et n’arrivent jamais à l’essentiel.
Why are you leaving? Piégeuse, parce que la tentation de critiquer l’employeur actuel est forte et qu’en anglais, faute de nuance, la critique sort plus brutale qu’on ne le voudrait.
What’s your greatest weakness? La réponse cynique — « je suis trop perfectionniste » — ne trompe personne. Il faut nommer une vraie limite et dire ce que vous faites pour la gérer, ce qui exige une nuance réelle.
Les questions de comportement. Tell me about a time when… Elles demandent de raconter une situation au passé, avec une structure claire : contexte, tâche, action, résultat. Raconter au passé est précisément ce qui distingue un anglais intermédiaire d’un anglais scolaire.
Et enfin : do you have any questions for us? Répondre non est une faute. Avoir trois vraies questions, formulées d’avance, est un gain facile.
Ce qu’on ne peut pas préparer
C’est là que se joue réellement l’entrevue, et c’est l’essentiel de notre travail.
La question de suivi. Vous donnez un exemple, et on vous demande un détail précis que vous n’aviez pas prévu. Il faut improviser, en anglais, sans filet.
La question à moitié comprise. Elle arrive à tout le monde. La solution n’est pas de deviner, c’est de reformuler : just to make sure I understood — you’re asking about…? Cette formule fait gagner cinq secondes, vérifie la compréhension, et donne une impression de rigueur au lieu d’un aveu de faiblesse.
Le panel. Trois personnes qui se relaient, se coupent, et à qui il faut s’adresser tour à tour. C’est une situation distincte du tête-à-tête et elle s’entraîne séparément.
Le silence après votre réponse. Certains recruteurs l’utilisent délibérément. Un candidat mal à l’aise le comble — et ajoute souvent quelque chose qui affaiblit ce qu’il venait de dire.
Indiquez le poste visé et la date de l’entrevue. Les séances seront bâties sur l’offre d’emploi et votre parcours réel.
▶ Obtenir de l’information sans engagementLe salaire, et l’entrevue à distance
La discussion salariale est le moment où l’hésitation coûte le plus cher, parce qu’elle s’interprète immédiatement comme un manque de conviction. Annoncer une fourchette, justifier une attente, réagir à une première offre, demander un délai de réflexion : ce sont quelques phrases courtes qu’il faut pouvoir dire d’un ton assuré. Nous les répétons jusque-là.
L’entrevue en visioconférence ajoute ses propres difficultés : pas de lecture labiale complète, léger décalage qui provoque des chevauchements, son compressé. Nos séances se déroulant en ligne, vous vous entraînez exactement dans ces conditions — et nous coupons la caméra pour une partie des simulations, comme dans un premier contact téléphonique avec un recruteur.
Un dernier conseil que nous donnons souvent : si votre anglais est faible mais suffisant, ne le cachez pas et ne vous en excusez pas non plus. Une phrase brève et assumée en début d’entretien désamorce l’enjeu bien mieux qu’une prestation tendue.
Pour aller plus loin
Anglais intermédiaire · Anglais des affaires · La peur de parler · Bilingue sur papier · RH : mener l’entrevue · Entrevue technique en TI · Cours de langues à Québec
↑ Voir toutes les pages de la section « Situations professionnelles » · Plan du site
FAQ | Entrevue en anglais
Faut-il apprendre ses réponses par cœur?
Non. Une réponse mémorisée s’entend — débit trop régulier, intonation trop lisse — et le contraste avec la première question imprévue est fatal. Un niveau homogène vaut mieux qu’un pic suivi d’un trou.
Comment répondre à tell me about yourself?
Par un résumé de deux minutes orienté vers le poste visé, pas par votre biographie ni la lecture de votre CV. Les francophones commencent trop loin dans le temps et n’arrivent jamais à l’essentiel.
Que faire si je ne comprends pas une question?
Reformuler plutôt que deviner : « just to make sure I understood — you’re asking about…? » Cela fait gagner cinq secondes, vérifie la compréhension et donne une impression de rigueur.
Comment aborder le salaire en anglais?
Avec quelques phrases courtes dites d’un ton assuré : annoncer une fourchette, justifier une attente, réagir à une offre, demander un délai. L’hésitation s’interprète comme un manque de conviction.
Dois-je mentionner que mon anglais est limité?
Ne le cachez pas et ne vous en excusez pas. Une phrase brève et assumée en début d’entretien désamorce l’enjeu bien mieux qu’une prestation tendue.