En négociation, la langue cesse d’être un outil de communication pour devenir un rapport de force. Chaque hésitation se lit comme une faiblesse, chaque simplification ferme une porte, et le silence — que les francophones supportent mal — est utilisé délibérément par les négociateurs anglophones expérimentés. Nos cours se donnent en ligne, seul avec un professeur privé : suivre l’autre à vitesse normale, et répondre sans céder sa position.
Vous connaissez votre dossier mieux que quiconque. Pourtant, dès que la discussion passe à l’anglais, vos réponses raccourcissent, vous laissez filer une condition que vous auriez relevée en français, et il vous arrive d’accepter un chiffre pour mettre fin au malaise. Le problème n’est ni votre vocabulaire ni vos temps de verbe : c’est la vitesse à laquelle une négociation exige d’entendre, de peser et de répondre.
C’est pourquoi nous ne donnons ni cours d’écriture, ni leçons de grammaire, ni préparation d’examen. Nous faisons de la conversation, et seulement cela : en ligne, sans déplacement ni stationnement ni hiver à traverser, avec un professeur privé dont tout le temps de parole vous revient. Nous enseignons depuis 2000 et nous avons vu la même scène se répéter des centaines de fois.
Le contexte québécois explique pourquoi elle revient si souvent. L’économie de la province est ouverte, en raison de la taille modeste de son marché intérieur : le Québec représente environ 17 % des exportations canadiennes, et ses exportations internationales de marchandises ont atteint 121,575 G$ en 2025. Au premier trimestre de 2025, 75,9 % d’entre elles — 25,0 G$ — étaient destinées aux États-Unis. Environ trois dollars d’exportation québécoise sur quatre vont donc vers un client qui discutera ses conditions en anglais.
Ce n’est pas l’affaire des seuls sièges sociaux. L’Estrie se classe au premier rang des régions du Québec pour les exportations, grâce à ses PME et à la proximité des marchés nord-américains : ceux qui négocient ces contrats sont des gens de PME. En 2021, 1 452 285 travailleurs résidant au Québec, soit 35,4 %, utilisaient l’anglais au moins régulièrement au travail. Si votre besoin dépasse la table de négociation, la page Anglais des affaires couvre l’ensemble.
Si vous ne travaillez qu’une chose, travaillez celle-ci : le conditionnel d’échange.
If you could commit to a two-year term, we could look at 8 %. Cette phrase contient l’essentiel de ce qu’est une négociation : elle n’accorde rien, elle conditionne. Elle avance une contrepartie au lieu d’un rabais, et elle laisse toutes les portes ouvertes.
C’est précisément la construction que les francophones emploient le moins spontanément en anglais. Faute d’aisance, on annonce the price is 12 %, puis, sous pression, okay, 9 % — une concession sèche, gratuite, qui invite immédiatement à en demander une autre.
Nous installons donc cette structure par la répétition, dans les deux sens : proposer un échange, et répondre à une demande par un échange plutôt que par un oui ou un non. Une quinzaine de variantes suffisent, et elles doivent sortir sans réflexion — parce qu’en négociation, le temps de réflexion se voit.
Demander de l’information sur les coursC’est le piège le plus documenté, et les francophones y tombent systématiquement.
Vous annoncez un prix. Votre interlocuteur ne répond pas. Trois secondes passent, puis cinq. Le malaise monte — et il monte plus vite dans une langue seconde, parce que vous interprétez le silence comme un signe qu’on ne vous a pas compris. Alors vous ajoutez quelque chose. Et ce quelque chose est presque toujours une concession.
Or ce silence est souvent délibéré : c’est une technique de négociation courante, enseignée, et elle fonctionne remarquablement bien sur quelqu’un qui doute de son anglais.
L’entraînement est simple et inconfortable : le professeur qui travaille avec vous se tait après vos annonces, et votre tâche est de ne rien ajouter. Deux ou trois séances suffisent à défaire le réflexe. C’est l’un des exercices les plus rentables que nous fassions, et il exige que tout le silence de la séance soit le vôtre. Quand la discussion se tient à plusieurs, le même réflexe se transpose : voyez Réunion en anglais.
Un no sec ferme une négociation qui pouvait continuer. Un excès de politesse fait croire que tout est négociable. Entre les deux existe une gradation précise, que nous travaillons phrase par phrase.
Le refus ferme mais ouvert. That’s not something we can do — but here’s what I can offer. La position tient, et l’échange se poursuit.
La mise en attente. Let me take that back to my team and come back to you Thursday. Indispensable quand on a besoin de temps, et parfaitement normal : personne ne s’attend à une décision immédiate.
La difficulté signalée. That’s going to be difficult at this price — but if we adjusted the volume… On annonce l’obstacle et on propose la sortie dans la même phrase.
La vérification. Just so we’re clear — you’re saying that if we move on the delivery date, the price holds? C’est la phrase la plus utile de toutes en langue seconde : elle empêche les malentendus coûteux et fait gagner du temps de réflexion sans paraître hésitant.
Décrivez la négociation à venir — l’objet, l’interlocuteur, votre marge et l’échéance. Nous la rejouons en séance, dans les deux rôles.
Demander de l’information sur les coursBeaucoup de négociations menées en langue seconde s’enlisent faute de clôture explicite. Chacun croit avoir conclu, et l’on découvre trois semaines plus tard que non.
La clôture tient en deux mouvements : récapituler ce qui est convenu (so to recap — 9 %, two-year term, delivery in March), puis nommer la suite et son échéance (I’ll send you the revised proposal by Friday — can you confirm by the end of next week?).
Ensuite vient le seul moment où nous vous encourageons à passer à l’écrit : le courriel de confirmation. Envoyé dans l’heure, il fixe ce qui a été convenu, corrige les malentendus pendant qu’ils sont encore faciles à corriger, et vous protège — d’autant plus quand l’échange s’est tenu dans une langue que vous ne maîtrisez pas parfaitement. Nous ne le rédigeons pas avec vous, puisque nous ne donnons pas de cours d’écriture, mais nous préparons à l’oral ce qu’il aura à confirmer.
Un dernier point culturel : avec des interlocuteurs latino-américains ou asiatiques, un accord verbal poli n’est pas toujours un engagement. Savoir poser la question de vérification qui oblige à préciser — sans forcer personne à dire non — évite des mois d’attente inutile. Le Mexique est le troisième partenaire commercial du Québec et son premier client en Amérique latine : la province y exporte environ 2 G$ par année et plus de 500 entreprises québécoises font affaire avec lui. Quand les dossiers vont dans cette direction, nos cours d’Espagnol des affaires prennent le relais.
Plus de 8 000 étudiants sont passés par nos cours en 25 ans, et ceux qui viennent négocier ne cherchent pas un anglais élégant : ils cherchent un anglais qui tient sous pression.
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Le conditionnel d’échange : « if you could commit to a two-year term, we could look at 8 % ». Il n’accorde rien, il conditionne — et c’est la construction que les francophones emploient le moins spontanément.
Parce qu’il est souvent délibéré. Le malaise monte plus vite en langue seconde, on ajoute quelque chose, et ce quelque chose est presque toujours une concession.
« That’s not something we can do — but here’s what I can offer. » La position tient et l’échange continue. Un « no » sec ferme une négociation qui pouvait se poursuivre.
La vérification : « just so we’re clear — you’re saying that if we move on the delivery date, the price holds? » Elle empêche les malentendus coûteux et donne du temps de réflexion sans paraître hésitant.
Oui, dans l’heure. Le courriel de confirmation fixe ce qui a été convenu et corrige les malentendus pendant qu’ils sont faciles à corriger — d’autant plus utile quand l’échange s’est tenu dans une langue seconde.
Indiquez l’objet, l’interlocuteur et l’échéance : les séances se bâtissent sur ce dossier-là, avec un professeur qui sera avec vous.
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