Le small talk

Répondre, ajouter un détail, puis relancer


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Situation · Conversation informelle

Le small talk en anglais

Beaucoup de francophones le méprisent — « du bavardage inutile » — et le redoutent en même temps. Les deux sentiments se tiennent : on n’aime pas ce à quoi on n’est pas préparé. Or les cinq minutes avant une réunion et le repas d’après décident souvent de plus de choses que la réunion elle-même.

  • Sujets sûrs et à éviter
  • Mécanique de la relance
  • Sortir d’une conversation
  • Ni bavardage ni interrogatoire
  • 25 heures : 799 $

Pourquoi c’est plus difficile qu’une réunion

Cela paraît contre-intuitif : le vocabulaire y est simple, les enjeux nuls, personne n’évalue votre expertise. Et pourtant, la plupart des gens s’y sentent plus démunis qu’en réunion technique.

Trois raisons expliquent cela.

Il n’y a aucun appui. Pas d’ordre du jour, pas de vocabulaire de métier, pas de document. Rien de ce sur quoi vous vous reposez d’habitude.

Rien n’est prévisible. En réunion, vous connaissez les sujets. Ici, quelqu’un peut parler de hockey, de son chalet, d’une série télévisée ou de la circulation — c’est-à-dire précisément du vocabulaire courant que l’anglais scolaire n’a jamais couvert.

La vitesse est celle de la conversation naturelle. Personne ne ralentit dans un couloir. Les phrases sont incomplètes, les références implicites, l’humour rapide.

C’est donc une compétence à part entière, et elle s’entraîne — c’est même exactement ce qu’un cours de conversation privé fait le mieux.

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La seule mécanique qui compte : répondre puis relancer

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cette page, ce serait celle-ci.

On vous demande how was your weekend? Un francophone répond good, thank you — et s’arrête. L’échange meurt. Il en conclut que son anglais est insuffisant. En réalité, il manquait une seule chose : rendre la balle.

La règle est simple : répondre, ajouter un détail, puis renvoyer la question. Pretty good — we finally got the deck finished. How about you, did you get away? Le détail donne matière à rebondir; la question relance.

Sans le détail, vous transformez la conversation en interrogatoire. Sans la question, vous la laissez mourir. Les deux ensemble suffisent à tenir une conversation de dix minutes avec un vocabulaire très limité — c’est de la structure, pas du niveau de langue.

Nous entraînons cette mécanique jusqu’à l’automatisme, parce que sous pression on revient toujours au réflexe court.

Sur quoi parler, et ce qu’il vaut mieux éviter

En Amérique du Nord, les sujets sûrs sont remarquablement stables : le déplacement et le voyage, la météo, le sport, la ville où l’on se trouve, les restaurants, les projets de fin de semaine, les enfants si l’autre en parle d’abord, les séries et les films.

À éviter, du moins tant que la relation n’est pas établie : la politique, le salaire et l’argent, la religion, la santé et le poids, l’âge, le statut conjugal, et les critiques de l’employeur.

Deux particularités méritent d’être signalées à un Québécois. D’abord, how are you? n’est pas une question : c’est une salutation, et la réponse attendue est courte. Répondre sincèrement en détaillant sa semaine déroute l’interlocuteur.

Ensuite, le registre nord-américain est plus enthousiaste que le nôtre. Un that’s great! ou oh wow qui vous paraîtra exagéré est simplement la norme; sans cela, vous passez pour froid ou désintéressé alors que vous êtes seulement concentré sur votre anglais.

Dites-nous dans quel contexte vous en avez besoin — congrès, repas d’affaires, collègues, clientèle. Les mises en situation partent de là.

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Commencer et surtout terminer

Amorcer est plus facile qu’on ne le croit : un commentaire sur la situation partagée suffit. La file, le café, la salle, le trajet, la météo du jour. Long line today, eh? Personne n’attend une entrée en matière brillante.

Terminer est ce que les francophones réussissent le moins bien, et cela crée un malaise réel. On ne sait pas comment sortir, alors on reste, et la conversation s’étire jusqu’à devenir pénible.

Les formules de sortie sont codifiées et parfaitement polies : anyway, I should let you go, it was good talking to you, I’ll let you get back to it, we should catch up later. Elles signalent la fin sans rejet, et les connaître retire une bonne part de l’anxiété liée à l’ensemble de l’exercice.

Nous y ajoutons la relance après coup — reprendre contact avec quelqu’un rencontré à un événement — qui est le moment où le small talk se transforme réellement en relation professionnelle.

Pour aller plus loin

Voir toutes les pages de la section « Situations professionnelles » · Plan du site

FAQ | Small talk

Pourquoi est-ce plus dur qu’une réunion technique?

Parce qu’il n’y a aucun appui — ni ordre du jour, ni vocabulaire de métier — que rien n’est prévisible, et que la vitesse est celle de la conversation naturelle. Personne ne ralentit dans un couloir.

Quelle est la règle de base?

Répondre, ajouter un détail, puis renvoyer la question. Sans le détail, la conversation devient un interrogatoire; sans la question, elle meurt. Les deux ensemble suffisent avec un vocabulaire très limité.

Que répondre à how are you?

Quelque chose de court. Ce n’est pas une question mais une salutation : détailler sa semaine déroute l’interlocuteur.

Quels sujets éviter?

La politique, l’argent et le salaire, la religion, la santé, l’âge, le statut conjugal et les critiques de l’employeur — du moins tant que la relation n’est pas établie.

Comment mettre fin à une conversation?

Avec des formules codifiées et polies : « anyway, I should let you go », « I’ll let you get back to it ». Les ignorer est ce qui rend l’exercice pénible, parce qu’on reste faute de savoir sortir.