À Boisbriand, la langue qui manque au travail porte presque toujours le même nom : l’anglais, et l’espagnol juste derrière. Nous donnons ces cours en ligne, en conversation, avec un professeur privé, pour les gens qui gagnent leur vie sur ces 29,5 km². Le 29 août 2002, la ville a perdu la seule usine d’assemblage automobile du Québec, que General Motors avait décidé d’implanter ici en 1964. Ce qui a repoussé depuis — le Faubourg Boisbriand ouvert en 2007 sur le terrain même de l’usine, un parc industriel, un complexe sportif — traite avec des fournisseurs et des acheteurs qui ne sont pas au Québec.
La fermeture de 2002 est restée le point de repère de la ville, et pour une raison simple : elle a mis fin à l’assemblage automobile dans tout le Québec. Cinq ans après, le Faubourg Boisbriand a ouvert sur le même terrain. Autour, un parc industriel s’est développé, et les entreprises qui s’y installent ne le font pas pour la vue : elles le font parce que les autoroutes 13, 15 et 640 passent ici.
Or une adresse choisie pour sa logistique est une adresse qui expédie et qui reçoit. L’appel qui règle un retard, une spécification ou une réclamation se tient à l’oral, et le plus souvent en anglais ; quand l’interlocuteur se trouve plus au sud, c’est l’espagnol qui prend le relais. On peut lire un bordereau avec un dictionnaire. On ne peut pas lire une réunion.
C’est exactement là que les gens d’ici nous écrivent : ils connaissent les mots de leur métier, ils les ont vus mille fois à l’écrit, et la phrase refuse de sortir au moment où quelqu’un attend une réponse.
Boisbriand est la rare ville du secteur à être traversée par trois autoroutes majeures. La 15 date de 1959, la 640 de 1962, et celle-ci relie sur 53,2 km la route 344, à Saint-Joseph-du-Lac, à la rue Émile-Despins, à Charlemagne. Le revers est connu : la 640 subit des fermetures et des chantiers à répétition sur le territoire de Boisbriand, fréquemment en même temps qu’à Rosemère et à Blainville.
Côté rail, la ville n’a pas de gare sur la ligne Saint-Jérôme ; les plus proches sont celles de Sainte-Thérèse et de Blainville. Un employé qui voudrait suivre un cours en salle après son quart devrait donc d’abord gagner, en auto ou en autobus, le stationnement incitatif de Sainte-Thérèse — 680 places et 82 supports à vélo — puis attendre un train dont l’horaire prévoit quatorze départs quotidiens par direction du lundi au vendredi. Quant au chantier qui doit pousser la 19 jusqu’à la 640, à hauteur de Bois-des-Filion — 4 échangeurs de plus, une traversée neuve de la rivière des Mille Îles —, il n’aboutira pas avant 2027.
Pour une entreprise, cela se traduit en une phrase : un cours d’anglais pour son personnel ne tient pas s’il suppose un déplacement. En ligne, il tient — et l’espagnol se place dans la même case horaire.
Demander de l’information pour mon équipeLe Centre d’excellence Sports Rousseau a ouvert en 2010 au 3 600, boulevard Grande-Allée. Il compte 3 100 sièges pour le hockey, jusqu’à 3 250 au maximum, et il accueille l’Armada de Blainville-Boisbriand, qui évolue dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec. Le nom de la ligue dit tout : le calendrier amène régulièrement sur le boulevard Grande-Allée des équipes, des officiels et des recruteurs qui règlent tout en anglais.
Cela vaut pour l’employé de l’aréna, pour le commerçant qui voit arriver les partisans visiteurs, pour le bénévole du week-end. Et cela vaut au même titre pour celui qui reçoit un client au comptoir du Faubourg Boisbriand : la langue n’est pas un supplément de curriculum, c’est une partie du poste.
Boisbriand gagne d’ailleurs du monde pendant que ses voisines stagnent : 28 308 habitants en 2021, une croissance de 5,3 % depuis 2016, contre 0,9 % à Rosemère. Plus de résidents, plus de commerces, plus de postes où il faut répondre — en français, en anglais, parfois en espagnol.
Le profil linguistique de la ville n’est pas celui de ses voisines. Le français est la langue maternelle d’environ 79 % des résidents de Boisbriand, contre environ 92 % à Sainte-Thérèse et environ 71 % à Rosemère. Autrement dit : l’anglais est déjà présent dans le voisinage immédiat, et c’est lui que les gens d’ici viennent chercher en premier. L’espagnol arrive ensuite dans les demandes que nous recevons, et d’autres langues suivent, que cette page ne détaille pas.
Boisbriand possède en outre quelque chose d’unique dans la MRC de Thérèse-De Blainville. Kiryas Tosh, enclave hassidique fondée au début des années 1960 par le rabbin Meshulim Feish Lowy, arrivé à Montréal en 1951 et installé ici avec 18 familles, représente environ 10 % de la population, soit près de 3 200 personnes dans environ 550 ménages. On y parle yiddish, et l’âge médian de la communauté est de 13 ans. Environ 20 % des hommes travaillent à l’extérieur de la communauté, dans des métiers liés au judaïsme comme l’abattage casher et l’enseignement religieux ; d’autres exercent des métiers à domicile.
Ces activités ont elles aussi des interlocuteurs hors Québec. L’enjeu reste le même partout : soutenir un échange de vive voix, en anglais le plus souvent, avec quelqu’un dont ce n’est pas non plus la langue première.
Savoir comment se déroule une séanceCette école a ouvert ses portes en 2000. Au compteur : 25 ans d’expérience, et un effectif cumulé qui dépasse 8 000 étudiants. Jamais, dans cet intervalle, un atelier de rédaction, un cours de lecture, une leçon de grammaire ni un module d’examen. Le refus est délibéré. Une séance a deux temps, en anglais comme en espagnol : vous captez ce qui arrive, vous rendez une phrase. Ce qui se corrige est cette phrase-là, pas un point de règle à réviser pour la semaine suivante.
Le professeur privé demeure auprès de vous pendant l’hésitation : il relance, retourne sa question, patiente de nouveau. Une application ne fait jamais cela — elle affiche le bon choix parmi d’autres, et la sensation d’avancer tient lieu de parole. Notons-le au passage : aucun cégep n’est implanté à Boisbriand, les cégépiens d’ici traversent au Collège Lionel-Groulx, au 100, rue Duquet, à Sainte-Thérèse. Mais le besoin n’est pas le même : nous ne délivrons rien, nous faisons parler.
Poser une question sur la langue viséePar les situations réelles, pas par le niveau. Dites-nous qui vous appelez, dans quelle langue l’appel se fait — l’anglais, presque toujours — et ce qu’il doit produire. Les séances rejouent ces échanges de vive voix, et l’on recommence aussi longtemps que la réponse tarde.
Oui, parce que votre besoin est entièrement oral : comprendre une demande dite vite en anglais ou en espagnol, répondre, vérifier que vous avez bien compris. Nous ne faisons que cela. Aucune lecture, aucune rédaction, aucun exercice écrit à rapporter à la maison.
Parce que l’écrit vous laisse revenir en arrière et choisir vos mots, et qu’une réunion n’accorde ni l’un ni l’autre. Ce qui manque n’est pas le vocabulaire, c’est l’habitude de le produire sous contrainte de temps. C’est précisément ce que la séance entraîne.
Écrivez-nous en décrivant les postes concernés, la langue visée pour chacun et les plages horaires possibles selon les quarts de travail. Chaque personne a son professeur privé : un employé peut travailler l’anglais pendant qu’un collègue travaille l’espagnol, sans que les parcours soient alignés sur un groupe. Dans une entreprise où les horaires diffèrent, c’est précisément ce qui simplifie l’organisation.
C’est vous qui l’apportez, puisque c’est vous qui l’utilisez. Le travail consiste à le faire circuler dans des phrases dites à voix haute, dans les contextes où vous en avez besoin — un appel avec un fournisseur, une explication à un acheteur, une mise au point avec un collègue.
Boisbriand a vu partir l’assemblage automobile et a rebâti autre chose sur le même terrain. Un employé qui comprend l’anglais de ses réunions sans parvenir à répondre occupe une position comparable : la matière existe, l’usage manque. Décrivez-nous votre poste, la langue qu’emploient vos interlocuteurs — anglais, espagnol ou autre — et vos disponibilités ; la suite se fait par écran, avec un professeur attitré.
Obtenir des précisions sur la formule de conversation