À Sainte-Thérèse, l’anglais et l’espagnol s’apprennent par écran, en conversation, avec un professeur privé : il n’y a rien à parcourir. Cela pèse dans une ville posée à 23 ou 30 km au nord-ouest de Montréal, qui loge 26 533 personnes sur 9,4 km² à une densité de 2 798,8 habitants par kilomètre carré — tout y est à portée de main sauf l’île. Le terminus du 6, rue de la Gare a vu passer environ 926 700 usagers d’autobus en 2019, plus que les 643 200 passagers du train : ici, on sait compter ses déplacements. Une séance d’anglais ou d’espagnol prise à la maison n’ajoute rien à ce décompte.
Demandez à quelqu’un de nommer le point le plus fréquenté de Sainte-Thérèse : personne ne citera un commerce. Ce sera la gare, que la ligne Saint-Jérôme d’Exo intercale entre Rosemère et Blainville, classée en zone C de l’ARTM depuis la restructuration de juillet 2022. La ville en est propriétaire, Exo l’exploite, et son stationnement incitatif aligne 680 places pour les autos et 82 pour les vélos.
Le détail qui raconte le secteur, c’est le rapport entre les deux services. En 2019, le train a transporté environ 643 200 passagers, le terminus d’autobus environ 926 700 usagers : l’autobus pèse davantage que le rail. Des circuits d’Exo convergent ici depuis Laval, Terrebonne et Saint-Eustache, et un express rejoint Deux-Montagnes où l’on passe au REM. On n’arrive pas à Sainte-Thérèse par hasard : on y vient pour repartir ailleurs, et cela depuis le lancement du service, en 1997.
Faites l’exercice pour un cours en salle au centre-ville. Depuis Sainte-Thérèse, le train s’arrête successivement à Rosemère, Sainte-Rose, Vimont, De la Concorde, Bois-de-Boulogne, Chabanel, Parc, Montréal-Ouest et Vendôme avant d’atteindre Lucien-L’Allier. Exo annonce environ 55 minutes entre la gare de Rosemère et ce terminus ; Sainte-Thérèse se trouve une gare plus au nord, ce qui place le parcours au-delà d’une heure, et cela à l’aller comme au retour.
Ajoutez la contrainte de l’horaire. La ligne compte quatorze départs par direction en semaine ; en pointe, l’intervalle oscille entre 25 et 45 minutes, hors pointe il s’étire de 1 à 2 heures. Sur un parcours de 62,8 km, rater un départ ne se rattrape pas en patientant sur le quai.
Une séance de conversation en anglais dure ce qu’elle dure. Quand le transport autour d’elle pèse plus lourd qu’elle-même, l’abandon cesse d’être une question de motivation : c’est de l’arithmétique. Le cours en ligne retire cette colonne du calcul, et la remarque vaut mot pour mot pour l’espagnol.
Demander comment une séance se place dans ma semaineSainte-Thérèse n’est pas une ville-dortoir, et c’est ce qui rend le déplacement vers un cours d’autant plus absurde. L’usine d’assemblage de Paccar y emploie environ 875 personnes et sort environ 120 véhicules par jour, des camions Kenworth et Peterbilt destinés au marché nord-américain : des marques nord-américaines, un propriétaire américain, et donc de l’anglais technique et commercial qui circule sur place. Le Collège Lionel-Groulx, au 100, rue Duquet, accueille environ 6 000 étudiants en formation régulière et environ 2 000 en formation continue depuis sa fondation, le 14 septembre 1967 ; ses équipes portent le nom des Nordiques, et c’est là qu’a éclaté, le 8 octobre 1968, la première grève d’un cégep au Québec.
L’histoire industrielle va dans le même sens. Botanix est née ici. Machineries Dion y a inventé dans les années 1970 la première fourragère tirée au monde à rouleaux macérateurs. Sicard Industries y fabriquait des souffleuses, et Pianos Lesage y assemblait des pianos — au point que le terminus intermodal de la gare a été dessiné en s’inspirant de son édifice. Emploi, cégep, mémoire manufacturière : tout cela tient dans 9,4 km². Un cours d’anglais ou d’espagnol devrait tenir dans le même périmètre.
Si le train ne convient pas, reste l’auto, et elle ne règle rien. La Route 117 traverse la ville ; l’autoroute 640 la dessert et s’étire sur 53,2 km entre Saint-Joseph-du-Lac et Charlemagne, ce qui en fait l’épine dorsale de la MRC — donc le passage obligé de tout le monde à la même heure. S’y ajoute un chantier qui marquera le secteur plusieurs saisons encore : on prolonge l’autoroute 19 jusqu’à la 640, du côté de Bois-des-Filion, avec 4 échangeurs inédits et un pont neuf par-dessus la rivière des Mille Îles, et rien ne doit être terminé avant 2027. Un corridor en travaux ne se contourne pas, il s’endure.
Puis il y a l’hiver, qui dans les Laurentides n’est pas un détail de calendrier. La région vit très bien avec lui — ski de fond, pistes cyclables vers le nord dès le retour de la saison chaude — mais rouler le soir, en janvier, pour aller parler anglais dans une salle, relève d’un entêtement que personne ne garde longtemps. Une séance prise à la maison ne dépend ni du déneigement ni d’un cône orange.
Poser mes questions sur les cours de conversationLe catalogue n’a pas bougé d’un pouce depuis l’ouverture, en 2000. Un seul et même cours, suivi à ce jour par plus de 8 000 étudiants. L’écriture, la lecture, la grammaire, les examens : tout cela reste dehors. Le travail tient en deux gestes : saisir ce qui vient d’être dit, puis fabriquer une réponse à voix haute. Ce que le professeur reprend ensuite, c’est votre dernière phrase, telle que vous l’avez prononcée.
Il tient le rôle d’un interlocuteur, pas d’un juge : il relance, change l’angle de sa question, supporte le blanc sans le remplir à votre place. Une application procède à l’inverse — elle aligne les bonnes réponses dans un menu, et il suffit de pointer.
Le besoin est réel : le français figurait comme langue maternelle chez 91,85 % des résidents en 2016, et l’occasion de parler anglais ou espagnol ne se présente pas d’elle-même dans une journée ordinaire. L’anglais mène, parce que c’est lui qu’on nous réclame le plus depuis la rive-nord ; l’espagnol vient ensuite, et d’autres langues s’enseignent aussi, que cette page ne détaille pas. Les liens internationaux de la ville, eux, datent de longtemps : jumelage avec Annecy, en France, depuis 1987, et avec Lagoa, au Portugal, depuis 1994.
Nulle part, s’il faut se déplacer pour s’y rendre — et voilà précisément ce que la formule par écran fait disparaître. Vous êtes déjà au-delà d’une heure dans un sens, puisque la gare de Rosemère, une station plus au sud, est annoncée à environ 55 minutes de Lucien-L’Allier. La séance d’anglais se prend d’où vous êtes.
La ville est bien reliée, mais par du rabattement : des circuits d’Exo venus de Laval, de Terrebonne et de Saint-Eustache convergent au terminus, plus un express vers Deux-Montagnes où l’on reprend le REM. Chaque correspondance ajoute une attente, et hors pointe l’intervalle du train monte jusqu’à 2 heures. Sans auto, la séance par écran cesse d’être un compromis : elle devient la seule chose praticable.
Donnez-nous les blocs d’heures qui vous conviennent vraiment ; nous regardons ensuite avec un professeur. Une usine qui sort environ 120 véhicules par jour suit ses propres cycles, et la séance par écran a l’avantage de ne pas vous obliger à être au même endroit qu’un groupe à un moment arrêté d’avance. L’anglais des appels, des réunions et des visites se travaille là, à l’oral.
Oui, et la question revient souvent. L’anglais reste la demande dominante dans le secteur ; l’espagnol suit de près, pour le voyage, la famille ou un poste où il circule. D’autres langues s’enseignent également, sans que cette page les détaille. Nommez la vôtre dans le formulaire : chaque séance étant individuelle, rien n’est accroché au rythme d’un groupe.
La question ne se pose plus : rien à annuler, puisqu’il n’y a rien à parcourir. C’est l’argument le plus simple de cette page, et le plus concret dans un corridor où le chantier du prolongement de l’autoroute 19 se poursuit jusqu’en 2027.
Contrairement à Boisbriand, qui a perdu son usine d’assemblage en 2002, Sainte-Thérèse a gardé la sienne en activité : la ville sait ce que vaut une chose qui fonctionne sur place. Un cours de conversation suit la même logique. Dites-nous si c’est l’anglais ou l’espagnol qui vous manque, et dans quelles situations il vous manque : un professeur privé part de là, par écran, sans que vous quittiez Sainte-Thérèse.
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