Au Peck Building du Mile End, ce qui se conçoit part vers l’étranger, et à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec la clientèle arrive d’ailleurs : dans les 8,1 km² du Plateau-Mont-Royal, l’employeur réclame de l’anglais, et de plus en plus souvent de l’espagnol. Nos cours d’anglais et d’espagnol se donnent en ligne, avec un professeur privé, et ne portent que là-dessus : comprendre et répondre à l’oral. D’autres langues sont possibles, mais ce sont ces deux-là qui reviennent dans les demandes du quartier.
Ubisoft Montréal exploite son studio au 5505, boulevard Saint-Laurent, dans le Mile End. L’immeuble s’appelle le Peck Building : achevé en 1904, 251 000 pieds carrés — 23 300 m² — sur cinq étages. Le studio a commencé au cinquième étage en 1997 avec environ 50 employés, puis a fini par occuper la totalité de ces 251 000 pieds carrés. Un reportage consacré à son anniversaire posait la question à sa façon : Ubisoft a changé le visage du Mile End en vingt ans.
Un studio de jeu vidéo est une entreprise d’exportation. Ce qui se produit sur le boulevard Saint-Laurent se vend ailleurs, et la langue de travail suit le marché, pas le code postal. En pratique, cela donne des réunions où l’anglais n’est pas une politesse mais l’outil du métier, des échanges avec des partenaires établis hors du Québec, et des moments où il faut comprendre quelqu’un qui parle vite, avec un accent qu’on n’a jamais entendu, sur un sujet technique où l’approximation coûte cher. Quand le marché visé est l’Amérique latine ou l’Espagne, c’est l’espagnol qui s’ajoute à la liste.
Ce n’est pas un problème de vocabulaire. Les gens qui nous écrivent connaissent leur secteur mieux que nous. Ce qui leur manque, c’est la vitesse : saisir une phrase en anglais au premier passage et répondre sans la traduire dans sa tête.
L’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec est établi dans l’arrondissement. Les Grands Ballets Canadiens y sont installés. Le Théâtre d’Aujourd’hui, le Théâtre du Rideau Vert et l’Espace Go s’y partagent une vie culturelle de création, très différente de la vie culturelle d’événement du Quartier des spectacles voisin. Ajoutez le Conservatoire de musique de Montréal et l’École nationale de théâtre du Canada, et vous obtenez une concentration d’employeurs dont le public, les partenaires ou les étudiants viennent régulièrement de l’extérieur.
Dans l’hôtellerie et la restauration, l’anglais se joue au comptoir, sans délai et sans brouillon, et l’espagnol sort dès qu’un client ou un collègue de cuisine le parle mieux que le français. Dans une compagnie de danse ou un théâtre, la langue se joue en tournée, en coproduction, en répétition avec des artistes invités. Aucun de ces métiers ne laisse le temps de rédiger : on comprend ou on ne comprend pas, on répond ou on laisse passer.
Demander une séance de conversationD’après le recensement de 2016, plus des deux tiers des résidents du Plateau — 68 % — peuvent soutenir une conversation en français et en anglais. Le français demeure la langue la plus utilisée à la maison, mais l’anglais, l’espagnol, le portugais et le yiddish sont utilisés quotidiennement par de nombreuses personnes ; l’usage du yiddish est même un trait propre au Plateau et au Mile End.
Sauf que soutenir une conversation et mener une réunion ne sont pas la même compétence. On peut commander un café sans hésiter sur l’avenue du Mont-Royal, se débrouiller rue Saint-Denis, et se figer dès qu’un fournisseur enchaîne ses questions au téléphone. C’est cet écart-là que nos séances d’anglais travaillent : non pas ce que vous savez, mais ce que vous arrivez à dire au moment précis où on vous le demande. Pour l’espagnol, le point de départ est souvent plus bas et la progression se mesure autrement, mais la méthode ne change pas.
Le professeur est avec vous pendant toute la séance. Il vous fait parler, il corrige ce qui empêche de se faire comprendre, et il vous remet aussitôt dans l’échange. Vous ne récitez rien ; vous tenez une conversation.
Dire dans quelle langue je dois travaillerDepuis 2000, l’école a formé plus de 8 000 étudiants, ce qui fait 25 ans consacrés à une seule chose. Nous ne donnons pas de cours de grammaire, pas de cours d’écriture, pas de cours de lecture, et nous ne préparons aucun examen. Ce refus est la différence avec les autres écoles, et il vaut la peine d’être dit clairement avant que vous nous écriviez.
Cette spécialisation colle au tissu économique du Plateau. Contrairement à Ville-Marie, l’arrondissement n’a pas de parc de bureaux ni de pôle de 318 000 emplois : son économie tient aux artères commerçantes de proximité — rue Saint-Denis, avenue du Mont-Royal, boulevard Saint-Laurent, rues Laurier et Duluth. Les employeurs y sont plus petits, souvent sans service de formation. Personne ne vous inscrit d’office à un programme : la démarche part de vous, et elle doit donc viser juste. Pour un besoin professionnel oral — l’anglais d’une réunion, l’espagnol d’un fournisseur —, viser juste veut dire parler pendant la séance, pas remplir des exercices.
Poser mes questions à l’écoleOui, c’est exactement le terrain. Nous travaillons l’écoute et la prise de parole en anglais : saisir un collègue qui parle vite et répondre sans préparer sa phrase. Nous ne faisons ni grammaire ni rédaction de courriels.
C’est la raison d’être du cours privé. Le Théâtre d’Aujourd’hui, le Théâtre du Rideau Vert et l’Espace Go n’ont pas des semaines identiques, et une compagnie comme les Grands Ballets Canadiens encore moins. L’horaire des séances se fixe avec vous et se replace quand votre production change.
Ici, et seulement à l’oral. L’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec enseigne un métier ; nous n’enseignons qu’une chose, comprendre et parler. L’un et l’autre se complètent sans se répéter.
Non. Aucune préparation d’examen, aucun test, aucune attestation : nous faisons de la conversation, et rien d’autre. C’est une limite assumée depuis 2000.
Oui. L’anglais reste la demande la plus fréquente au Plateau, mais l’espagnol fait partie des langues utilisées quotidiennement dans l’arrondissement et se travaille de la même manière. Dites-nous le type d’échange que vous devez tenir, et nous vous dirons ce qui se fait.
Le Mile End a changé en vingt ans, et les exigences linguistiques des employeurs du Plateau avec lui. Si votre travail se joue maintenant en anglais, ou en espagnol avec un fournisseur, et que vous lisez ces langues mieux que vous ne les parlez, c’est la parole qu’il faut entraîner, et personne d’autre ne peut le faire à votre place.
Écrire à l’école pour en discuter