Ici, nous enseignons l’anglais et l’espagnol à distance, un étudiant à la fois, à des gens dont la journée se règle à la voix et non sur du papier. L’anglais domine largement les demandes du quartier, l’espagnol arrive juste derrière, et quelques autres langues restent possibles si votre travail l’exige. Le quartier s’étire au bord de la rivière des Mille Îles, au nord de l’île Jésus, et sa limite sud-ouest touche le boulevard Industriel, à la frontière de Chomedey : c’est là que se trouve le siège social d’Alimentation Couche-Tard, au 4204 boulevard Industriel, où travaillent 506 personnes et où se gèrent les divisions finance, comptabilité, technologies et distribution d’un réseau d’environ 16 000 points de vente dans le monde. Pour les gens du quartier qui passent leurs journées à régler des chargements à la voix, nous enseignons une seule chose : comprendre et parler.
Le quadrant nord-ouest des boulevards Dagenais et Industriel est le point le plus industriel du quartier. Alimentation Couche-Tard, fondée à Laval en 1980 par Alain Bouchard, y est le plus important employeur du secteur privé à Laval, avec 1 201 personnes sur l’île Jésus, et son centre de distribution de la rue Ernest-Cormier fait travailler 220 personnes. Dans un réseau de cette taille, une journée ne ressemble jamais à un document : un camion immobilisé, une palette refusée, un courtier qui rappelle pour une seule précision — en anglais le plus souvent, en espagnol dès que le chargement ou l’équipe vient du sud du continent.
C’est ce qui rend la logistique si particulière du point de vue de la langue. Le vocabulaire technique de l’anglais, les gens l’ont déjà : ils le lisent depuis des années, sur les connaissements comme sur les écrans. Ce qui manque, c’est la vitesse — saisir une phrase dite vite, dans un accent inconnu, et répondre sans délai.
Les deux langues qui remplissent nos horaires ici sont l’anglais, loin devant, puis l’espagnol. L’anglais, parce qu’un réseau de distribution ne s’arrête pas à la frontière de la province et que personne, au bout du fil, ne ralentira son débit pour vous. L’espagnol, parce qu’une partie des fournisseurs, des transporteurs et des équipes de manutention travaille dans cette langue, et qu’un échange mené en espagnol, même imparfait, change la température d’un appel difficile.
Le contexte lavallois explique cet appétit. À Laval, en 2021, 62,1 % de la population utilisait le français à la maison, l’anglais 19,0 % et une tierce langue 20,8 %, et 56,1 % des Lavallois avaient le français comme langue maternelle. Chez les immigrants de Laval, 61 % utilisent le français au moins régulièrement à la maison, contre 83 % chez les non-immigrants. Personne ici ne vit dans une seule langue. Nous enseignons aussi d’autres langues, mais ce sont ces deux-là que l’on nous réclame semaine après semaine.
Choisir ma langue avec l’écoleAu téléphone, il n’y a ni visage, ni geste, ni possibilité de relire. Celui qui prend l’appel entend la phrase une seule fois, souvent dans du bruit, et doit décider. Nos cours entraînent exactement ce muscle-là, en anglais comme en espagnol : la compréhension orale d’abord, la prise de parole ensuite, dans des échanges courts et serrés qui ressemblent à ceux d’un quart de travail.
Les séances se construisent autour de ce que vous dites réellement dans votre journée : confirmer une fenêtre de livraison, annoncer un retard, négocier une reprise, répondre à une question sur un connaissement. Le professeur relance, interrompt, fait répéter. C’est inconfortable, et c’est voulu.
Décrire les appels que je dois tenirL’école enseigne depuis 2000 et a formé plus de 8 000 étudiants, et elle n’a jamais élargi son offre. Aucun cours d’écriture, aucune lecture, aucune grammaire, aucune préparation d’examen, que ce soit en anglais ou en espagnol. Vos bons de transport sont déjà rédigés par quelqu’un, vos cases sont déjà cochées. Ce qui bloque un dossier, c’est l’appel qu’on n’a pas osé passer.
Cette spécialisation a du sens dans une région qui expédie beaucoup. À l’échelle de Laval, l’industrie bioalimentaire compte à elle seule 118 établissements de transformation, 11 % des emplois de la région et 7 % du PIB régional. Derrière ces agrégats, il y a des gens qui se parlent.
Poser une question sur le contenu des séancesSainte-Rose n’a pas de métro. Les trois stations lavalloises, Cartier, De la Concorde et Montmorency, sont dans le sud-est de la ville, et les deux stations lavalloises du REM, Sainte-Dorothée et Île-Bigras, sont à l’ouest. Le quartier a sa gare, au 99 boulevard Sainte-Rose Est, sur la ligne 12 Saint-Jérôme du réseau exo : 713 places de stationnement incitatif, un seul quai latéral, une seule voie, et environ 551 900 passagers en 2019. Le train rejoint la gare Lucien-L’Allier en environ 50 minutes.
Le reste se fait par rabattement. Les lignes 63, 65 et 73 de la Société de transport de Laval relient la gare aux stations Cartier et Montmorency, au terminus Le Carrefour et à Fabreville. En voiture, aux périodes de pointe, il faut plus d’une heure et demie, voire deux heures, pour aller de Laval au centre-ville de Montréal. Et le Collège Montmorency, seul cégep public de Laval, se trouve à l’autre extrémité de la ville, dans Laval-des-Rapides. Le cours en ligne supprime tout ce calcul : vous ouvrez votre ordinateur là où vous êtes, entre deux appels, pour une heure d’anglais ou d’espagnol.
Une application vous fait reconnaître du vocabulaire. Elle ne vous met jamais en situation de perdre le fil devant une vraie conversation, puis de le reprendre seul. Un professeur privé, lui, est présent à ce moment précis : il entend l’hésitation, il la nomme, il fait recommencer la phrase jusqu’à ce qu’elle sorte d’un trait.
Sainte-Rose s’y prête bien. Le quartier comptait 37 408 personnes en 2021, dont environ un quart nées hors du Canada, avec des provenances d’Algérie, d’Haïti et du Maroc. Beaucoup de résidents passent déjà d’une langue à l’autre dans la même journée ; ce qu’ils veulent, c’est le faire en anglais sans chercher leurs mots, et bientôt en espagnol.
Parler de ma situation avec l’écoleOui. Les séances sont individuelles et se fixent avec vous, jamais avec un groupe à satisfaire. Comme tout se passe en ligne, un changement de quart ne vous fait pas manquer un déplacement : il déplace un rendez-vous, c’est tout. Décrivez-nous votre semaine type et nous verrons ensemble ce qui tient debout.
C’est le cas le plus répandu chez les gens du transport. Lire laisse le temps de revenir en arrière ; écouter ne le laisse pas. Ce sont deux habiletés distinctes, et c’est la seconde que nous entraînons, séance après séance, avec de la parole réelle plutôt qu’avec des exercices écrits.
Les deux se donnent de la même façon, avec un professeur privé et uniquement de la conversation. L’anglais reste la demande principale du secteur et c’est par là que la plupart des gens commencent ; l’espagnol vient ensuite, et d’autres langues sont possibles sur demande. Dans tous les cas, aucune grammaire, aucune lecture, aucune écriture et aucune préparation d’examen.
Jamais. Tout se fait en ligne, de chez vous ou de votre lieu de travail. C’est précisément l’intérêt dans un quartier où rejoindre le centre-ville demande un déplacement à deux segments : un rabattement en autobus ou en voiture vers la gare ou le métro, puis le train ou le métro.
Oui, et c’est le point de départ le plus fréquent. L’unique école secondaire du quartier accueille environ 2 600 élèves, de la première à la cinquième secondaire, et beaucoup en sortent capables de lire sans avoir jamais eu à soutenir un échange. Nous reprenons à l’oral, à partir de ce que vous savez déjà.
Que vous répartissiez des tournées près du boulevard Dagenais, que vous partiez vers le pont Papineau-Leblanc — emprunté par environ 56 000 véhicules par jour — ou que vous répondiez aux questions d’un client à l’étranger, le point de départ est le même : un échange avec un professeur privé, en ligne, pour situer où ça accroche en anglais ou en espagnol. Racontez-nous votre cas et nous vous répondrons.
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