Au Collège de Maisonneuve, qui accueille 7 000 étudiants sur trois campus dont deux sur la rue Sherbrooke Est, l’anglais parlé est ce qui manque le plus à la première entrevue, et l’espagnol ce qu’on regrette de n’avoir jamais osé pratiquer. Nous enseignons l’un et l’autre en ligne, avec un professeur privé, en conversation seulement. Autour du cégep, le français occupe 85 % des foyers — le taux le plus élevé de l’est de l’île, loin devant Montréal-Nord (67 %) et Saint-Léonard (46 %) : on grandit ici dans un français excellent, puis l’on découvre à l’embauche que l’anglais qu’on lit sans peine ne sort pas de la bouche.
Le Collège offre six programmes préuniversitaires et 15 programmes de formation technique, et emploie environ 1 000 personnes : un employeur institutionnel de premier plan. Deux de ses trois campus sont sur Sherbrooke Est, tout près du Parc olympique et d’Espace pour la vie.
Cette concentration a un effet paradoxal. Là où 85 % des foyers parlent français à la maison et où les minorités visibles ne représentent que 21,6 % de la population — contre 48,7 % à Montréal-Nord —, l’anglais ne s’attrape pas dans l’escalier ni à l’épicerie, et l’espagnol encore moins. L’un comme l’autre restent des objets scolaires : étudiés, jamais parlés.
Le scénario revient chaque printemps. Le dossier est solide, le programme technique terminé, l’employeur intéressé. Puis quelqu’un demande de continuer en anglais, et les années de cours d’anglais du secondaire et du cégep ne remontent pas. Ce n’est pas un manque de connaissances : c’est un manque d’heures de parole.
Le professeur privé travaille ces scènes avec vous, en ligne : on rit d’une formulation ratée, puis on la refait jusqu’à ce qu’elle sonne juste. Qui vise l’espagnol rejoue les mêmes entrevues dans cette langue. Rien n’est écrit, rien n’est corrigé au crayon rouge : on parle.
Il faut le dire clairement, c’est la première question d’un cégépien : ni grammaire anglaise, ni rédaction, ni lecture, ni préparation d’examen ou de test de classement. Pas de cahier, pas de devoirs. Depuis 2000, l’école a formé plus de 8 000 étudiants, et ses 25 ans se résument à un exercice : vous faire parler anglais, ou espagnol, puis écouter.
Pour réussir une dissertation, un autre établissement vous servira mieux. Pour tenir une vraie conversation sans figer, vous êtes au bon endroit. D’autres langues existent chez nous, mais ce sont ces deux-là que les étudiants d’ici nomment d’eux-mêmes.
Les grilles du cégep ne ressemblent pas à un horaire de bureau : les blocs libres tombent en milieu de journée à l’automne, en fin d’après-midi à l’hiver, les stages déplacent tout, un emploi étudiant s’y greffe. Une école à heure fixe perd ses étudiants dès que la session se corse.
La séance d’anglais en ligne n’a pas ce problème : elle se cale dans le trou de votre grille, depuis le campus, depuis l’une des 4 bibliothèques de l’arrondissement, depuis votre chambre à Mercier-Est. Et comme le professeur est avec vous et seulement vous, il n’y a pas de groupe à rattraper quand une semaine saute.
L’arrondissement compte 9 stations de métro, la desserte la plus dense de l’est de l’île : Honoré-Beaugrand, terminus est de la ligne verte, Radisson, Cadillac, Langelier, Assomption, Viau, Pie-IX, Joliette et Préfontaine. Cadillac, Langelier et Joliette ont ouvert le 6 juin 1976. Le trajet vers le centre-ville se fait sans transfert : un luxe que Saint-Léonard, sans aucune station, n’a pas.
Alors pourquoi apprendre l’anglais en ligne dans un quartier aussi bien desservi ? Parce qu’un aller-retour en métro pour une heure de conversation coûte du temps d’étude, et parce que l’autre versant est moins reluisant : la réfection du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, inauguré le 11 mars 1967, a fait passer sa circulation de 120 000 véhicules par jour à un peu plus de 55 000 au printemps 2025. Un étudiant dont l’emploi est sur la rive sud sait ce que cela veut dire.
Deux Carrefours jeunesse-emploi couvrent le territoire pour les 16-35 ans : Hochelaga-Maisonneuve et Mercier du PITREM. Ils aident à structurer une recherche. Ce qu’ils ne peuvent pas faire, c’est parler anglais à votre place le jour où l’employeur appelle.
Or le marché local la demande de plus en plus : l’arrondissement a connu une hausse de 95 % de l’emploi professionnel et technique, et sa rive accueille les terminaux à conteneurs Viau et Maisonneuve, exploités par Termont, en lien constant avec des armateurs internationaux — un milieu où l’anglais se parle chaque jour et où l’espagnol se croise souvent. Le Parc olympique, le Stade Saputo, le Biodôme et le Jardin botanique embauchent aussi des étudiants qui reçoivent des visiteurs étrangers. La langue s’y joue à l’oral, jamais dans un formulaire.
Commencer par une question sur la formuleParce que ce sont deux compétences différentes, et que l’école québécoise développe surtout la première. Vous reconnaissez le vocabulaire anglais quand vous le lisez ; à l’oral, il faut le produire immédiatement, avec un accent qui varie et sans dictionnaire. C’est un entraînement, pas un savoir.
Rien ne vous y oblige, mais commencez par la langue qui vous sert cette année-là. Pour la plupart des cégépiens d’ici, c’est l’anglais, parce que c’est lui qui apparaît dans les offres d’emploi de l’est de l’île ; l’espagnol vient souvent ensuite, pour un voyage, une famille, un milieu de travail où il circule. Les deux cours fonctionnent pareil : de la conversation, rien d’autre.
Oui, et c’est un excellent point de départ. On reconstitue l’appel type de votre milieu : l’ouverture, la demande qu’on n’a pas comprise, la mise en attente, la phrase pour faire épeler un nom. Le professeur joue l’interlocuteur pressé, puis le bavard, jusqu’à ce qu’aucun ne vous déstabilise.
Non : aucune cohorte à suivre. Les séances se fixent selon votre grille du moment, et se déplacent quand elle change. C’est la principale raison pour laquelle des étudiants de l’arrondissement choisissent le privé en ligne plutôt qu’un groupe du soir.
Jamais. Le cours se donne en ligne, où que vous soyez dans les trois quartiers de l’arrondissement — Hochelaga-Maisonneuve, Mercier-Est ou Mercier-Ouest avec ses secteurs Guybourg, Longue-Pointe et Louis-Riel. Un casque d’écoute et une connexion suffisent.
Personne n’apprend à parler en silence. Si vous étudiez, travaillez ou cherchez un emploi dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et que l’anglais — ou l’espagnol — reste coincé à l’écrit, la suite consiste à parler régulièrement, avec un professeur privé qui vous accompagne.
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