Ici, la demande numéro un porte un nom : l’anglais parlé, celui du travail — et juste derrière, l’espagnol ; nos cours d’anglais et d’espagnol se donnent en ligne, avec un professeur privé, pour les Léonardois qui comprennent déjà beaucoup et restent muets au moment de répondre. L’arrondissement explique cette tension : près d’un résident sur deux est né à l’étranger, le français n’est la langue de la maison que dans 46 % des foyers, et l’anglais en occupe 22 %, plus du double de Montréal-Nord (8 %) et d’Ahuntsic-Cartierville (10 %). Dans ces 13,5 km² enclavés, sans façade sur le fleuve ni sur la rivière des Prairies, le nouvel arrivant ne bute pas sur la lecture : il bute sur l’appel où il faut répondre en anglais, tout de suite.
C’est le scénario léonardois par excellence : l’emploi est obtenu, les formulaires remplis, les courriels partent. Puis un client se joint à l’appel, tout le monde passe à l’anglais, et la voix se réduit à quelques mots d’assentiment. Notre cours d’anglais commence exactement là : à la phrase que vous n’avez pas réussi à dire mardi dernier.
Les chiffres disent pourquoi cette tension se vit ici plus qu’ailleurs. Avec 46 % de français parlé à la maison, Saint-Léonard se situe loin derrière Montréal-Nord (67 %) et Ahuntsic-Cartierville (65 %), et les autres langues occupent 34 % des foyers. Les grandes origines d’immigration relevées au recensement de 2016 sont l’Italie (10 405 personnes), Haïti (8 635) et l’Algérie (8 475) : d’un palier à l’autre, les langues premières ne se recoupent pas. Dans ce désordre, l’anglais ouvre le plus de portes d’emploi, et l’espagnol vient juste après.
Aucune dictée, aucune règle d’accord à réciter, aucun texte à rédiger, aucune préparation d’examen. Nous ne faisons qu’une chose : de la conversation en anglais ou en espagnol, pour comprendre à l’oreille et oser répondre. C’est ce qui nous distingue des écoles à cahiers.
L’école enseigne depuis 2000 et a accompagné plus de 8 000 étudiants : 25 ans à une seule table de travail, celle de la parole. Le professeur privé est avec vous pendant toute la séance : il relance en anglais, il reformule, il vous laisse chercher le mot au lieu de le donner tout de suite. D’autres langues sont possibles, mais l’anglais mène et l’espagnol suit.
Saint-Léonard n’est desservi par aucune station de métro. Le réseau local repose sur 14 lignes d’autobus de la STM, et la station Langelier de la ligne verte existe déjà sans être sur le territoire léonardois. Tant que le prolongement de la ligne bleue n’est pas livré, rejoindre le centre-ville suppose un autobus vers une station hors de l’arrondissement, puis un ou deux transferts.
Le chantier est pourtant annoncé : cinq stations — Pie-IX, Viau, Lacordaire, Langelier et Anjou —, dont trois sur le territoire de Saint-Léonard le long de la rue Jean-Talon Est, un tunnel de 6 km creusé sous Jean-Talon pour relier Saint-Michel à l’autoroute 25, une inauguration prévue en 2031 au mieux. La première phase du plan du secteur Langelier s’étale de 2025 à 2032 et prévoit 1 100 nouveaux logements. En attendant, une séance d’anglais ou d’espagnol en ligne n’ajoute ni autobus, ni transfert, ni hiver à négocier une place de stationnement incitatif.
La séance part de ce que vous avez à dire cette semaine. Un commerçant de la rue Jean-Talon Est, qui compte plus de 270 commerces et entreprises de services, ne cherche pas les mêmes phrases anglaises qu’un préposé des soins de santé ou qu’un employé de la fabrication.
On travaille donc la commande, le désaccord, la demande de précision, l’appel en anglais où l’on n’a pas compris le nom du client. Le décor est celui que vous connaissez : la Via Italia, entre les boulevards Langelier et Viau, et ses pâtisseries ; le Carrefour Langelier et son Walmart du 7445, boulevard Langelier ; les espaces de coworking exploités ici par Spaces, où il faut se présenter à voix haute. Ceux qui apprennent l’espagnol travaillent les mêmes scènes.
Les familles arrivées récemment inscrivent leurs enfants dans l’une des sept écoles primaires de l’arrondissement, puis à Antoine-de-Saint-Exupéry en français ou à Laurier Macdonald High School en anglais, au 7355, boulevard Viau — école publique anglophone de plus de 800 élèves. Entre le travail et ces rendez-vous scolaires, le créneau disponible n’est ni régulier ni prévisible.
C’est exactement ce que le cours privé en ligne encaisse sans broncher. On peut parler anglais pendant que les enfants sont au parc Wilfrid-Bastien, au 8255, boulevard Lacordaire ; reprendre l’espagnol après une soirée de bocce au parc Ladauversière, marqueur italophone des parcs municipaux ; poursuivre l’hiver, quand les arénas Martin-Brodeur et Roberto-Luongo tournent à plein. Et PME MTL Est-de-l’Île soutient les entrepreneurs d’ici : là aussi, il faudra parler avant d’écrire.
Oui, et c’est la demande la plus fréquente dans cet arrondissement où l’anglais occupe 22 % des foyers. Le professeur reconstruit les situations exactes qui vous coincent : l’appel où l’on demande un état d’avancement, la réunion qui bascule à l’anglais, le retard qu’il faut annoncer. On répète jusqu’à ce que la phrase anglaise sorte sans traduction.
Oui : Saint-Léonard abrite la plus forte concentration d’Italo-Canadiens de Montréal, environ 25 510 résidents d’ascendance italienne au recensement de 2016. Beaucoup lisent l’anglais sans effort et l’évitent dès qu’il faut le parler. Nous travaillons la compréhension orale et la parole en anglais, sans jamais vous faire écrire une ligne.
Parce que la langue qu’on veut parler ne vient pas toujours du quartier où l’on habite. L’espagnol est la langue qu’on nous demande le plus après l’anglais : pour un conjoint, pour une clientèle, pour un voyage. Le cours d’espagnol est bâti comme le cours d’anglais — de la conversation, un professeur privé, aucune grammaire.
C’est un excellent objectif, et parfaitement concret. On rejoue l’appel : le nom de l’enseignante, la raison de son appel, la question qu’on ose poser, la phrase pour demander de répéter plus lentement. Décrivez cette scène dans votre demande et le professeur la préparera.
Celui de votre métier, parce qu’il n’y a pas de manuel. Les mots anglais viennent de vos journées : l’atelier, le comptoir, la salle de soins, le chantier du secteur Langelier. Nous ne fournissons ni grammaire ni exercices écrits — seulement des heures de parole avec un professeur qui vous accompagne.
Que vous visiez l’anglais du bureau ou l’espagnol remis à plus tard, la méthode ne change pas : on parle, avec un professeur privé, jusqu’à ce que les phrases tiennent debout. La lecture, l’écriture et la grammaire ne sont pas notre métier.
Demander de l’information pour Saint-Léonard