Dans les parcs industriels de Varennes, la langue qui manque au téléphone porte un nom : l’anglais d’abord, l’espagnol de plus en plus souvent. L’école enseigne ces deux langues en priorité, en ligne, avec un professeur privé, à des gens qui doivent régler un chargement de vive voix. Ici, la zone urbanisée ne couvre que 10,36 km² d’un territoire de 114,40 km² : tout le reste, ce sont des champs, les deux parcs industriels — le parc chimique étiré le long de la route 132 et le Novoparc, scientifique — et le rail du Canadien National qui les dessert.
Le Groupe Robert, entreprise de transport, est établi à Varennes. Le Canadien National dessert les zones industrielles par voie ferrée. Et un pipeline bidirectionnel relie la ville à Montréal et au port de Montréal. Chaque mode a sa propre chaîne de monde à joindre : un planificateur, un chauffeur sur la route 132, un agent qui rappelle plus tard et qui, lui, ne lira pas votre courriel. Cette chaîne-là se parle en anglais la plupart du temps, et en espagnol dès que le correspondant est hispanophone.
C’est là que la langue cesse d’être un sujet d’école. Un dossier écrit se relit, se corrige, se fait traduire. Un appel, non. Celui qui reste muet au téléphone perd le chargement, et il le sait avant même d’avoir raccroché. Nos cours d’anglais et d’espagnol en ligne sont bâtis pour ce moment précis : la compréhension orale d’abord, puis la prise de parole. D’autres langues figurent au programme, sans que nous les détaillions ici — ce sont ces deux-là qu’on nous réclame dans ce secteur.
Dites-nous si c’est l’anglais ou l’espagnol qui vous manque au travailDuPont produit ici des produits Styrofoam. S.C. Johnson y fabrique les sacs Ziploc. Kronos Canada y fait des pigments de dioxyde de titane, Kemira des produits chimiques de traitement de l’eau, Greenfield Ethanol de l’éthanol. ABB y exploite la seule installation nord-américaine qui produit des transformateurs de 735 kV. Rien de tout cela ne reste à Varennes : ça part, ça traverse des frontières, ça se fait arrêter, questionner, réacheminer — et les questions arrivent en anglais, parfois en espagnol.
À chaque étape, quelqu’un décroche. Le vocabulaire technique, vous l’avez déjà : vous l’utilisez tous les jours en français. Ce qui fait défaut, c’est l’habitude de l’employer à l’oral en anglais, sans temps mort, ou de le retrouver en espagnol quand l’échange bascule. C’est un entraînement, pas une matière. Et il se fait en parlant, avec un professeur privé qui avance à vos côtés, séance après séance.
Autant l’énoncer sans détour, puisque c’est inhabituel : pas de grammaire, pas d’exercices de lecture, rien à rédiger, aucune préparation d’examen. L’école a ouvert en 2000 ; 25 ans et plus de 8 000 étudiants plus tard, elle n’a toujours qu’une matière au programme, la parole — en anglais surtout, en espagnol ensuite.
Pour un employé du Novoparc ou d’un laboratoire de recherche de Varennes — l’IREQ d’Hydro-Québec, l’INRS-EMT installé ici depuis 1969, CanmetÉNERGIE — ce choix a du sens. Ces gens-là ont souvent un dossier scolaire solide en anglais. Ils comprennent un rapport, ils déchiffrent une norme. Ce qui coince, c’est l’appel de conférence.
Demander comment se passe une première séance d’anglaisLe parc industriel occupe le nord de la ville, au nord de la montée de Picardie et de la rue Sainte-Anne, jusqu’au cap Saint-Michel. On n’y travaille pas selon l’horaire d’une tour à bureaux. Et pour sortir de Varennes : pas de métro sur le territoire, pas de gare de train de banlieue, pas de station du REM non plus. Le transport intermunicipal mène au métro Longueuil-Université-de-Sherbrooke, puis c’est la ligne jaune. Aucune liaison directe.
En voiture, le passage habituel vers l’île est le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, au sud-ouest par la route 132 — dont la réfection majeure se poursuit jusqu’à la fin de 2026, avec une seule voie ouverte vers la rive-sud. La navette fluviale N3, qui part du quai Bellevue, circule du 22 mai au 30 septembre 2026 : d’octobre à mai, il ne reste que l’autobus et l’auto. Un cours d’anglais qui exige de se déplacer ajoute un problème à un problème. Le nôtre se donne en ligne, de chez vous ou de la salle de pause.
Au recensement de 2021, 19 855 Varennois déclaraient le français comme langue maternelle, soit 94,2 % des 21 198 habitants. L’anglais : 315 personnes, 1,5 %. Les autres langues : 555 personnes, 2,6 %. C’est la proportion de français la plus élevée du secteur, et c’est une bonne nouvelle pour vivre ici — une moins bonne pour pratiquer. Personne ne vous forcera à parler anglais ou espagnol entre le boulevard René-Gaultier et la rue de la Gabelle.
L’exposition, il faut donc aller la chercher. Les jeunes la trouvent un peu à l’école secondaire le Carrefour, qui compte environ 740 élèves, ou au Collège Saint-Paul et ses quelque 1 180 élèves — fait inhabituel, le privé est ici plus gros que le public. Après, il n’y a aucun cégep sur le territoire. Les adultes, eux, n’ont plus de classe où s’asseoir : ils ont un horaire, un téléphone qui sonne, et un anglais scolaire qui rouille faute de servir. L’espagnol, lui, n’a souvent jamais été parlé du tout, même par ceux qui en ont suivi des cours.
Expliquez-nous votre horaire de quartsOui, et c’est le genre de demande que nous recevons le plus souvent de Varennes. Vous arrivez avec vos propres situations : le camion retenu, le ramassage déplacé, l’adresse mal comprise. Le professeur vous les fait rejouer en anglais autant de fois qu’il le faut, jusqu’à ce que la réplique parte toute seule.
Les séances sont privées et se fixent avec vous, donc l’horaire suit le vôtre et non l’inverse. Indiquez-nous les plages où vous êtes réellement libre, et nous verrons ensemble ce qui se place.
C’est précisément notre créneau, et c’est pour cela que nous n’offrons rien d’autre. Déchiffrer un document et soutenir un échange en anglais ne s’entraînent pas ensemble : le second ne s’acquiert qu’en parlant, pas en remplissant des exercices.
Ils continuent, parce qu’ils ne dépendent d’aucun déplacement. Que le quai Bellevue soit en service ou non, que le pont-tunnel soit à une voie ou non, la séance se tient là où vous vous trouvez.
L’espagnol est offert, après l’anglais qui reste la demande principale ; d’autres langues existent également. En revanche, aucune préparation d’examen chez nous, pas plus que de grammaire ou d’écrit. Si votre besoin est une attestation, nous ne sommes pas la bonne école ; si votre besoin est de soutenir une conversation, nous le sommes.
Varennes se présente comme un pôle d’innovation en technologies de l’énergie en Amérique du Nord. Les gens qui y travaillent discutent déjà avec le reste du continent, en anglais le plus souvent, en espagnol quand il le faut. Dites-nous laquelle des deux vous bloque, et dans quelle situation.
Écrire à l’école pour en savoir plus