La Mauricie couvre 35 441 km² pour 8,2 habitants au kilomètre carré, et 27,4 % de sa population vit en milieu rural. Entre Trois-Rivières, Shawinigan, Louiseville et La Tuque, il n’existe pas de lieu unique où aller s’asseoir pour parler espagnol une heure par semaine. Nos cours d’espagnol se donnent donc entièrement en ligne, un seul étudiant à la fois, et tout y passe par la parole.
Chaque dimanche à 11 h, une messe en espagnol est célébrée au Petit Sanctuaire du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, à Trois-Rivières. On peut suivre une messe entière mot à mot et rester sans voix dès qu’il faut répondre trois phrases en sortant. C’est exactement la situation que nous voyons revenir le plus souvent chez les adultes de la région : la compréhension est là, la parole reste bloquée.
Ce blocage n’a presque jamais à voir avec le vocabulaire. Il vient d’un manque de temps de parole : quelques centaines d’heures à écouter de l’espagnol, et presque aucune à le produire à voix haute devant quelqu’un qui attend une réponse. Nos professeurs d’espagnol connaissent ce silence qui s’installe après une question ; ils l’ont rencontré des centaines de fois et ils savent le reconnaître en quelques minutes.
Apprendre à parler une langue à l’âge adulte est difficile, et nous ne prétendons pas le contraire. Ce que nous pouvons dire, après 25 ans et plus de 8 000 étudiants, c’est que personne ici ne sera jugé sur son accent ni corrigé à chaque mot. Le professeur d’espagnol est avec vous, jamais devant vous, et le cours part de ce que vous savez déjà faire, pas d’un programme.
Chez les élèves de la région, l’espagnol était en 2021-2022 la troisième langue maternelle la plus fréquente. Ce n’est pas un hasard : le principal sous-continent d’origine des élèves issus de l’immigration de première génération de la Mauricie est le Mexique et l’Amérique centrale et du Sud, avec 20,3 % en 2021-2022, et 16,7 % pour la deuxième génération.
Au recensement de 2021, 1 600 personnes résidant en Mauricie étaient nées en Amérique du Sud et 625 en Amérique centrale. Chez les résidents non permanents de la région, 335 personnes venaient d’Amérique du Sud et 330 d’Amérique centrale, sur 3 040. Depuis les années 1980, la Mauricie a accueilli des personnes immigrantes du Chili, de l’Argentine, de l’Uruguay, du Salvador, de la Colombie et du Guatemala, parmi bien d’autres provenances.
Ce besoin est déjà pris en charge en Mauricie : depuis août 2022, le Service d’accueil des nouveaux arrivants de la MRC de Maskinongé offre en espagnol une séance d’accueil aux travailleurs agricoles saisonniers et aux travailleurs étrangers temporaires agricoles de toute la Mauricie, directement sur leur lieu de travail ou dans les bureaux du SANA. On y parle assurance maladie, numéro d’assurance sociale, permis de conduire, logement, déclaration de revenus et droits du travail. Si vous travaillez en agriculture, en transformation alimentaire ou dans un service d’accueil de la région, l’espagnol n’est pas pour vous une langue de vacances : c’est la langue dans laquelle une consigne doit passer du premier coup.
Demander de l’information sur les coursTrois-Rivières regroupe plus de la moitié de la population régionale avec 149 934 habitants en 2025, devant Shawinigan (51 739), La Tuque (11 309), Louiseville (7 570) et Notre-Dame-du-Mont-Carmel (6 613). Entre Grandes-Piles et La Tuque, la route 155 s’étire sur 110 kilomètres. Un cours du soir à Trois-Rivières ne demande donc pas le même déplacement selon qu’on habite le centre-ville, Saint-Boniface ou Grandes-Piles. En ligne, cette question disparaît : l’heure se donne sur Google Meet, Teams, Zoom, Skype ou WhatsApp, de là où vous êtes.
Les horaires de la région ne sont pas des horaires de bureau. Les soins de santé et l’assistance sociale employaient 21 410 personnes au recensement de 2021, soit 17,2 % des emplois régionaux, et la fabrication représentait 12,9 % de l’emploi en 2025, une part supérieure à celle du Québec. L’hébergement et la restauration comptaient 8 125 emplois au même recensement, et le Festival Western de St-Tite concentre à lui seul plus de 700 000 visiteurs en dix jours. Quarts de soir, semaines de pointe, périodes mortes : nos cours d’espagnol se réservent une heure à la fois, et l’horaire est très souple parce qu’il doit l’être.
Nous ne donnons pas de cours d’écriture, pas de leçons de grammaire et aucune préparation d’examen, DELE compris. Cela mérite d’être dit franchement plutôt que découvert au troisième cours. Nous ne disons pas que la grammaire espagnole est inutile ; nous disons que nous ne l’enseignons pas, parce que ce n’est pas ce qui manque aux gens qui nous appellent. Les conjugaisons, le subjonctif, la différence entre ser et estar : beaucoup d’adultes les ont déjà étudiés et restent muets.
Ce que nous faisons tient en une phrase : vous parlez espagnol pendant une heure, avec un professeur d’espagnol qui est seul avec vous. Pas de classe, pas de tour de parole à attendre, pas de voisin plus avancé. Un seul étudiant, et donc une heure entière de parole au lieu de cinq minutes.
En 2025, 28,4 % de la population de la Mauricie avait 65 ans et plus. Beaucoup de ces personnes passent une partie de l’hiver dans le Sud et veulent cesser de se faire répondre dans une autre langue au marché. D’autres étudiants apprennent l’espagnol pour une belle-famille colombienne, pour un petit-enfant qui grandit avec deux langues, pour un voyage qu’on prépare depuis longtemps, ou simplement pour le plaisir d’avoir une vraie conversation dans une langue qui n’est pas la leur. À l’UQTR, 3 035 étudiants internationaux venus de 80 pays étaient accueillis en 2025 : certains de nos étudiants veulent d’abord pouvoir parler aux gens qu’ils croisent sur le campus.
Aucune de ces raisons n’exige le même cours. C’est pourquoi la première heure sert surtout à vous écouter parler : votre professeur d’espagnol en Mauricie a besoin d’entendre où ça accroche avant de décider par où commencer. Vous repartez de là, à votre rythme, sans examen au bout.
M’inscrire aux coursC’est le profil le plus courant chez nous. Il manque du temps de parole, pas du vocabulaire. Le cours est bâti pour cela : une heure, un seul étudiant, et votre professeur d’espagnol qui vous laisse finir vos phrases.
Non. On part de votre niveau réel, pas d’un programme. Certains arrivent avec quelques mots rapportés d’un voyage, d’autres comprennent la messe en espagnol du dimanche au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap sans jamais avoir répondu en espagnol. Les deux points de départ sont normaux.
Non, et c’est volontaire. Nous ne donnons ni leçons de grammaire, ni cours d’écriture, ni préparation au DELE. L’heure sert à parler. La grammaire n’est pas inutile pour autant : elle n’est simplement pas ce que nous enseignons.
Oui. Le cours étant en ligne, les 110 kilomètres de route 155 entre Grandes-Piles et La Tuque ne changent rien à l’affaire. L’heure se réserve une à la fois et l’horaire est très souple : vous n’êtes pas tenu au même créneau chaque semaine.
Nos professeurs d’espagnol sont natifs d’Amérique latine ou d’Espagne. Vous entendrez donc un accent et des tournures réels, pas une langue de manuel. L’école enseigne depuis 2000 et a accompagné plus de 8 000 étudiants.
Dites-nous simplement où vous en êtes : ce que vous comprenez, ce que vous n’arrivez pas à dire, et pourquoi l’espagnol vous importe. Le reste se décide avec votre professeur d’espagnol, pendant la première heure.
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